Le cours de l'action Inventiva a en effet dégringolé, sous quatre euros, à l'annonce, le 18 février, des résultats de l'étude de phase IIb que l'entreprise biotech française a consacrée au traitement, à l'aide du lanifibranor, de la sclérose systémique. Ni les objectifs primaires ni les secondaires n'ont été atteints. En optant pour cette indication, qu'elle renonce à présent à traiter, l'entreprise prenait un gros risque. Le profil de sécurité n'a pas déçu, cep...

Le cours de l'action Inventiva a en effet dégringolé, sous quatre euros, à l'annonce, le 18 février, des résultats de l'étude de phase IIb que l'entreprise biotech française a consacrée au traitement, à l'aide du lanifibranor, de la sclérose systémique. Ni les objectifs primaires ni les secondaires n'ont été atteints. En optant pour cette indication, qu'elle renonce à présent à traiter, l'entreprise prenait un gros risque. Le profil de sécurité n'a pas déçu, cependant, ce qui constitue une bonne nouvelle pour la molécule, qui fait l'objet de deux autres études portant sur un marché bien plus important, estimé à 30 millions de dollars: la stéatose hépatique non alcoolique (NASH) et la maladie du foie gras (NAFDL), pour lesquelles aucun traitement n'existe à ce jour. Mais de nombreuses entreprises s'y attellent. Parmi lesquelles Gilead Sciences, qui a récemment publié, elle aussi, des résultats décevants au terme de l'étude de phase III portant sur le selonsertib, ou encore Intercept, qui a pour sa part rapporté, le 19 février, des résultats d'étude de phase III relatifs à son ocaliva, convaincants pour la fibrose hépatique mais pas pour la NASH. Le lanifibranor d'Inventiva est un agoniste pan-PPAR - les PPAR sont des récepteurs. Fréderic Cren et Pierre Broqua, les deux fondateurs et actionnaires principaux de l'entreprise (ensemble, ils détiennent 43,9% du capital), étudiaient déjà les PPAR chez Fournier Pharma, où ils ont tous deux travaillé précédemment. Les résultats de l'étude de phase IIb en cours en vue de traiter la NASH à l'aide du lanifibranor sont attendus au premier semestre de 2020. En outre, depuis l'an dernier, une étude de phase II est conduite auprès de patients diabétiques de type 2 atteints de la NAFDL. Nous attendons avec impatience, au second semestre en principe, les résultats de l'étude de phase IIa sur l'odiparcil, candidat médicament d'Inventiva destiné à traiter une maladie rare du métabolisme. L'entreprise conduit deux autres études, avec AbbVie (psoriasis) et Boehringer Ingelheim (maladies fibrotiques). Fin 2018, Inventiva disposait d'une trésorerie de 59,1 millions d'euros, ce qui correspond à 2,65 euros par action. Nous conserverions les positions actuelles (rating 2C). Nous reverrons notre conseil si les prochains résultats (pour l'odiparcil) sont convaincants.