En termes d'investissement, les mots "définitif" et "jamais" sont à bannir. Nous ne pouvons pas affirmer que EVS a perdu " définitivement " son statut d'action value, ni qu'elle ne connaîtra " jamais " la croissance promise. Cela étant, il est vrai qu'elle n'est plus cette action value qu'elle était autrefois, et qu'il est plus que probable qu'elle ne récupère plus ce statut. L'année 2017 ne fut d'ailleurs certainement pas celle du revirement à cet égard. Evidemment, il s'agit d'une année impaire...

En termes d'investissement, les mots "définitif" et "jamais" sont à bannir. Nous ne pouvons pas affirmer que EVS a perdu " définitivement " son statut d'action value, ni qu'elle ne connaîtra " jamais " la croissance promise. Cela étant, il est vrai qu'elle n'est plus cette action value qu'elle était autrefois, et qu'il est plus que probable qu'elle ne récupère plus ce statut. L'année 2017 ne fut d'ailleurs certainement pas celle du revirement à cet égard. Evidemment, il s'agit d'une année impaire, donc sans événement sportif majeur. Or le CA comme le bénéfice du groupe évoluent au gré de ces événements. Sur les neuf premiers mois, EVS a dégagé un chiffre d'affaires (CA) de 79 millions d'euros, soit 23,8% de moins que les 103,8 millions d'euros enregistrés sur la même période en 2016, marquée par la Coupe d'Europe de football et les Jeux olympiques de Rio. Lors de ces grands événements, EVS peut louer bien plus de matériel que d'ordinaire. Pourtant, si l'on extrait ce CA supplémentaire du chiffre de 2016, l'on constate un repli de 10,7%. Par ailleurs, les grandes sociétés de médias n'investissant plus beaucoup, force est de constater que le CA de EVS n'augmente plus de manière organique depuis cinq ans (prévision moyenne des analystes pour 2017: 117 millions d'euros, contre 111,2 millions d'euros en 2010). Compte tenu des marges généreuses que l'entreprise dégage du fait de son envieuse position sur son marché, une hausse ou une baisse de son CA se répercute sensiblement sur l'évolution du bénéfice. Ainsi la baisse de 23,8% du CA au cours de la période janvier-septembre s'est-elle traduite par un repli de l'Ebit de 53,6% (passé de 39,7 à 18,4 millions d'euros) par rapport aux neuf premiers mois de 2016. Le bénéfice par action s'est quant à lui replié de 2,07 euros à 0,95 euro. Au 31 octobre, le carnet de commandes totalisait déjà 25 millions d'euros de commandes pour 2018, qui incluent 10,5 millions d'euros de location de matériel supplémentaire pour la prochaine année sportive, au cours de laquelle aura lieu la Coupe du Monde de football en Russie. L'acompte sur dividende a déçu les actionnaires. Il a été abaissé de 0,60 à 0,50 euro par action. EVS peine à sortir la tête de l'eau les années impaires. L'action n'est dès lors plus valorisée comme une valeur de croissance, à 10,5 fois le rapport entre la valeur d'entreprise et l'Ebitda pour 2017 (8,5 pour 2018). Hélas, c'est (pour l'heure) justifié. Nous réitérons donc notre conseil: conserver/attendre (rating 2B).