Le moins que l'on puisse dire est que Celyad (autrefois dénommée Cardio3 BioSciences) vient de traverser une période difficile. Jusqu'à l'été 2016, l'entreprise se concentrait sur C-Cure, un candidat médicament fabriqué à base des cellules souches de la moelle osseuse des patients, indiqué dans le traitement des insuffisances cardiaques. L'étude de phase III n'ayant cependant pas atteint le premier objectif intermédiaire, le groupe a dû interrompre le développement du produit. A la nouvelle, l'action a reculé de plus de 70%, à 14,8 euros. Fin 2017, Celyad a cédé ses droits sur C-Cure.
...

Le moins que l'on puisse dire est que Celyad (autrefois dénommée Cardio3 BioSciences) vient de traverser une période difficile. Jusqu'à l'été 2016, l'entreprise se concentrait sur C-Cure, un candidat médicament fabriqué à base des cellules souches de la moelle osseuse des patients, indiqué dans le traitement des insuffisances cardiaques. L'étude de phase III n'ayant cependant pas atteint le premier objectif intermédiaire, le groupe a dû interrompre le développement du produit. A la nouvelle, l'action a reculé de plus de 70%, à 14,8 euros. Fin 2017, Celyad a cédé ses droits sur C-Cure. Heureusement, Celyad avait en parallèle étoffé son portefeuille de projets grâce à son achat, début 2015, du groupe américain Celdara Medical, spécialisé en immunologie du cancer. Elle a ainsi acquis trois médicaments potentiels CAR-T _ fabriqués à l'aide d'une technologie révolutionnaire qui consiste à reprogrammer les cellules immunitaires du patient pour qu'elles attaquent les cellules cancéreuses. Deux molécules sont encore au stade de développement préclinique, mais pour CYAD-01 (CART-T NKG2D), l'étude de phase Ib "THINK" est en cours, pour traiter les cancers avancés (surtout la leucémie myéloïde aiguë ou LMA et le cancer de l'intestin). En octobre, Celyad a annoncé la guérison d'un patient atteint d'une LMA, ce qui avait propulsé l'action à un sommet intermédiaire, à 56,48 euros. Mais le marché n'a pas apprécié l'actualisation récente au sujet de cette étude. Cinq des quinze patients traités fin 2017 n'ont pas pu recevoir les doses nécessaires en raison de problèmes survenus au niveau de la production. Dans l'intervalle, Celyad a mis au point une nouvelle technique, qui assure une production de cellules T plus que suffisante, sans en affecter l'efficacité. Six des dix autres patients ont présenté une forme de réponse clinique. Nous en saurons davantage lors de la publication du prochain rapport sur les développements majeurs, probablement au deuxième trimestre. Fin 2017, Celyad disposait de 34 millions d'euros de liquidités, de quoi poursuivre son activité jusqu'au premier semestre 2019. La technologie CAR-T sur laquelle l'entreprise se penche est très risquée mais prometteuse. Epinglons en effet que les Américains ont approuvé fin août de l'an dernier la commercialisation d'un premier produit CAR-T, le Kymriah de Novartis. En outre, deux acquisitions de sociétés recourant à cette technologie ont été annoncées récemment. Gilead Sciences a racheté, pour 11,9 milliards de dollars, Kite Pharma, le leader en matière de CAR-T, puis Celgene a offert neuf milliards pour acquérir Juno Therapeutics. Celyad recèle un potentiel d'appréciation certain. Nous n'excluons donc pas de l'intégrer un jour dans le portefeuille modèle. Mais pour l'heure, nous estimons que le rapport entre le risque (très élevé) et la rémunération potentielle n'est pas optimal. Nous suivons de près l'action, et maintenons inchangée notre recommandation: "conserver/attendre" (rating 2C).