Une diversification suffisante des risques est cruciale lorsqu'on investit dans un secteur aussi risqué que celui-là. L'investisseur qui doit se limiter à quelques valeurs privilégiera les entreprises au pipeline étendu (songeons à argenx ou Galapagos), en mesure de digérer une (inévitable) déception dans un programme de recherche. L'investisseur doit par ailleurs être patient, car le développement d'un médicament prend souvent plus de 10 ans. Il suivra de près les avancées des entreprises visées et saura saisir les occasions qui se présentent - de nets replis - pour en acquérir de...

Une diversification suffisante des risques est cruciale lorsqu'on investit dans un secteur aussi risqué que celui-là. L'investisseur qui doit se limiter à quelques valeurs privilégiera les entreprises au pipeline étendu (songeons à argenx ou Galapagos), en mesure de digérer une (inévitable) déception dans un programme de recherche. L'investisseur doit par ailleurs être patient, car le développement d'un médicament prend souvent plus de 10 ans. Il suivra de près les avancées des entreprises visées et saura saisir les occasions qui se présentent - de nets replis - pour en acquérir des titres. C'est ainsi que nous avons récemment complété notre position dans Bone Therapeutics. L'évolution de l'action de la biotech wallonne Celyad déçoit, ces dernières années. En 2016, l'entreprise a dû interrompre en phase III le développement du C-Cure, destiné au traitement des insuffisances cardiaques. Depuis, elle se concentre sur le développement de potentielles thérapies CAR-T (pour faire bref: reprogrammées, les cellules T du patient attaquent les cellules cancéreuses). Celyad a développé la technologie CAR-T NKG2D, qui équipe les cellules T de récepteurs supplémentaires afin qu'elles agissent plus largement contre les mauvaises cellules. Pour le traitement de la leucémie myéloïde aiguë (LMA), du syndrome myélodysplasique et du cancer de l'intestin, cinq études de phase I sont en cours avec le CYAD-01, un produit autologue. En outre, une étude de phase I est en cours, pour le cancer de l'intestin, avec le CYAD-101, la version allogène du produit. L'action s'était nettement appréciée (pic de 56,48 euros) en octobre 2017, après qu'un patient atteint d'une LMA traité par Celyad a guéri. Mais l'efficacité du produit n'a pas encore été confirmée. En juin de cette année, le cours de Celyad est retombé sous les 10 euros; les résultats du programme de recherche sur le cancer du sang ont déçu. Notons toutefois que Celyad a été autorisée à recourir à sa propre technique de production de cellules T (OptimAb); les premiers résultats de cette étude seront dévoilés début 2020. Début juillet, une actualisation du programme sur le cancer de l'intestin a été bien accueillie - les données (en matière de sécurité) publiées au sujet du CYAD-101 sont encourageantes; d'autres suivront à la fin de cette année au terme d'une étude évaluant un schéma posologique plus fréquent. Début 2020, Celyad lancera une première étude clinique avec le CYAD-02, un produit autologue de nouvelle génération, dont les premiers résultats sont attendus mi-2020. L'entreprise conçoit des variantes allogènes de ce produit (CYAD-200). Celyad devra lever des fonds avant la mi-2020. En mai 2018, elle avait obtenu 46,1 millions d'euros par le biais d'un placement privé à 22,29 euros l'action. Nous n'excluons pas une percée, mais nous ne prendrions pas de nouvelles positions dans l'entreprise. Les positions existantes peuvent être conservées (rating 2C).