Warren Buffett est sans aucun doute le plus connu des investisseurs en valeur. Il n'accorde d'intérêt qu'à 5% de l'ensemble des entreprises cotées: celles qui créent une valeur supérieure à la moyenne et réalisent un rendement élevé sur les éléments d'exploitation. Les entreprises qui éveillent l'intérêt de Buffett sont propriétaires de marques fortes, de technologies spécifiques, ont acquis une clientèle diverse ou affichent d'autres avantages compétitifs qui leur permettent de générer un bénéfice. Par ailleurs, leur avenir est prometteur.
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Warren Buffett est sans aucun doute le plus connu des investisseurs en valeur. Il n'accorde d'intérêt qu'à 5% de l'ensemble des entreprises cotées: celles qui créent une valeur supérieure à la moyenne et réalisent un rendement élevé sur les éléments d'exploitation. Les entreprises qui éveillent l'intérêt de Buffett sont propriétaires de marques fortes, de technologies spécifiques, ont acquis une clientèle diverse ou affichent d'autres avantages compétitifs qui leur permettent de générer un bénéfice. Par ailleurs, leur avenir est prometteur. Une entreprise n'est donc considérée comme "de valeur" que lorsque sa rentabilité est importante et que les perspectives de croissance sont positives. Mais ce n'est pas tout. La direction de ces entreprises doit aussi s'intéresser à ses actionnaires, et créer pour eux de la valeur.Nous savons que la valeur intrinsèque d'une entreprise phare est généralement constante. Le cours de l'action de cette entreprise peut en revanche fluctuer considérablement. C'est pourquoi une action value peut être bon marché ou extrêmement chère. Si elle est sous-valorisée, elle peut être digne d'achat. Dans le cas contraire, nous sommes pour notre part plutôt vendeurs. Nous achetons des actions lorsqu'elles sont bon marché et les vendons lorsqu'elles sont chères: cela semble simple à première vue. Benjamin Graham, le gourou du value investing (l'investissement dans la valeur), n'achetait que des titres affichant 60% ou moins de leur valeur intrinsèque.Les cinq actions que nous présentons (par ordre alphabétique) satisfont à l'ensemble des critères définissant une action value. Après plusieurs années de hausse boursière, ces entreprises ne sont plus excessivement bon marché. C'est pourquoi nous vous conseillons de les acheter lors de la prochaine correction boursière généralisée. Les investisseurs en valeur procèdent à contre-courant de la tendance générale. Ils achètent lorsque la plupart de leurs pairs vendent, en général pendant une correction boursière importante. Le cours des actions phares se replie en effet le cas échéant. Et il s'agit de ne pas hésiter trop longtemps à les acheter, car ces actions seront généralement les premières à reprendre la voie de la hausse lors du redressement des marchés.1. Ackermans & van HaarenAckermans & van Haaren (AvH) est une société de portefeuille très diversifiée. Épinglons, parmi ses participations les plus connues, DEME (l'une des plus grandes entreprises de dragage au monde), le groupe de construction CFE, les participations financières dans le gestionnaire de patrimoine Delen et la banque d'entreprise J. Van Breda & C°, le groupe immobilier Leasinvest Real Estate ainsi que la société de plantations Sipef. Ce groupe familial se concentre principalement sur les entreprises présentant une certaine croissance et position de marché, associés à des perspectives de croissance favorables à plus long terme. Les perspectives de l'activité de dragage et du private banking sont prometteuses à long terme. Compte tenu en outre du bilan solide d'AvH, on est en présence d'une action value de première qualité. D'autant que cette année, l'action a connu une baisse de régime. Les investisseurs value savent que recul constitue une opportunité idéale pour une entrée dans la valeur.2. EssilorCette entreprise française écoule ses verres correcteurs dans plus de cent pays sous les marques Crizal, Definity, Varilux, Optifog et Xperio. Elle vend également des lunettes de lecture et de soleil ordinaires, et fabrique des machines à destination des spécialistes du secteur. Sur les sept dernières années, son chiffre d'affaires a doublé (de 3,1 à 6,7milliards d'euros), portant la croissance annuelle moyenne à environ 12%.Essilor mise sur l'innovation et les marchés à croissance rapide. Au cours des deux prochaines années, l'entreprise tentera de doubler son chiffre d'affaires. L'activité online est déjà bien développée, mais devrait l'être davantage dans les années à venir. D'énormes investissements sont consentis en recherche& développement. Le désavantage est que l'action est relativement chère. Il n'est dès lors pas étonnant que l'action traverse une période moins faste.3. HenkelLe 26 septembre 1876, Fritz Henkel fondait l'entreprise homonyme. Aujourd'hui, l'entreprise d'envergure internationale emploie quelque 50.000collaborateurs et génère un chiffre d'affaires de plus de 18milliards d'euros. Citons, au rang de ses marques mondiales, Persil, Schwarzkopf et Pritt. En septembre dernier, Henkel a annoncé l'acquisition du groupe américain The Sun Products Corporation, qui fait d'elle le deuxième acteur des produits de lessive sur le marché nord-américain.Le concurrent d'Unilever se porte particulièrement bien dans les pays émergents. Le chiffre d'affaires total s'est élevé au deuxième trimestre à environ 4,7milliards d'euros. La croissance autonome devrait s'établir entre 2 et 4% et le bénéfice par action, progresser de 10% par rapport à l'an dernier.4. InditexL'entreprise espagnole Industria de Disenso Textil (Inditex) est moins connue chez nous que ses enseignes (Zara, Stradivarius, Pull&Bear et Massimo Dutti). Son fondateur et dirigeant actuel Amancio Ortega Gaona avait lancé en 1975 une petite activité commerciale, qu'il a transformée en l'une des plus grandes entreprises de mode au monde. Récemment, il est aussi devenu l'Européen le plus riche.Inditex est une action de qualité, dont le potentiel de croissance est énorme. La société est active dans 88 pays mais sa part de marché est encore très faible dans chacun des pays. La croissance glisse en partie vers les pays émergents, qui présentent un énorme potentiel et des marges confortables. Le bilan est solide. La direction a développé un modèle d'affaires unique reposant sur une production locale (peu d'invendus, en conséquence). Qui plus est, Inditex a développé les ventes en ligne plus rapidement que la concurrence. Ici aussi, on notera que l'action est actuellement assez chère.5. ShireL'entreprise pharmaceutique irlandaise a commencé il y a trente ans à vendre un produit unique, les compléments de calcium pour les patients atteints d'ostéoporose. L'an dernier, elle comptait 5.500 collaborateurs et le chiffre d'affaires a totalisé 6,5milliards de dollars. Shire souhaite devenir leader mondial dans les médicaments innovants pour les maladies rares. Les perspectives pour la période 2015-2020 sont prometteuses, notamment grâce à la croissance de Vyvanse (ADHD). Le bénéfice par action devrait connaître une croissance annuelle d'environ 10% sur les cinq prochaines années. Après l'annulation de la reprise de Shire par Abbvie et du fait des problèmes autour de Valeant, le cours de Shire a été mis sous forte pression. Depuis lors cependant, il a connu un redressement spectaculaire. Vu les perspectives de croissance pour les prochaines années, l'action recèle un potentiel.