Analystes et opérateurs sont à court de superlatifs pour décrire les résultats des géants américains de la technologie au terme du premier trimestre de 2021 - et à juste titre, car ces chiffres sont impressionnants. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'ils sont qualifiés de "géants": ces acteurs d'envergure mondiale affichent une croissance du chiffre d'affaires (CA) époustouflante, difficile à concevoir.
...

Analystes et opérateurs sont à court de superlatifs pour décrire les résultats des géants américains de la technologie au terme du premier trimestre de 2021 - et à juste titre, car ces chiffres sont impressionnants. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'ils sont qualifiés de "géants": ces acteurs d'envergure mondiale affichent une croissance du chiffre d'affaires (CA) époustouflante, difficile à concevoir. Comme de coutume, nous comparerons leurs résultats ces prochaines semaines, en commençant par Apple, première capitalisation boursière mondiale. Au-delà du catalyseur que représente la crise sanitaire, l'augmentation de 54% de son CA est véritablement bluffante. A 89,6 milliards de dollars, les ventes explosent le consensus (77,3 milliards de dollars). Le programme de rachat d'actions existant sera donc doté de 90 milliards de dollars supplémentaires. Même constat, globalement, chez Alphabet (société mère de Google): 34% de hausse du CA, lequel a atteint 55,3 milliards de dollars, un record, permettant le rachat de 50 milliards de dollars d'actions. Amazon a réussi à réaliser plus de 100 milliards de dollars de CA pour le deuxième trimestre de suite et a notablement accru sa rentabilité. Facebook a également brillé au cours des trois premiers mois de l'année: son CA a progressé de 48%, sa rentabilité, davantage encore (+94%). Microsoft aussi a vu ses ventes s'envoler (+19%, à 41,7 milliards de dollars), dans une moindre mesure que celles de la plupart de ses concurrents, mais notons que le groupe n'avait plus enregistré une telle croissance en rythme trimestriel depuis 2018. Netflix, certes de taille légèrement plus modeste, a laissé les investisseurs sur leur faim: si la croissance de 24% de son CA est conforme au consensus, le nombre de nouveaux abonnés (4 millions) est, lui, nettement inférieur aux prévisions (6 millions). A ces chiffres fabuleux, les cours ont réagi de façon bien moins spectaculaire que par le passé. Celui de Facebook a bondi de 5%; aucun concurrent n'a fait mieux. Les actionnaires d'Alphabet et d'Amazon ont en effet été moins enthousiastes (+2,9% et +2,4% respectivement), ceux d'Apple encore moins (+0,2%) et ceux de Microsoft (-2,8%) et de Netflix (-7,4%) ont fait part de leur déception. Il ressort de l'examen de l'évolution des cours de ces six mastodontes depuis le début de l'année qu'ils ont gagné en moyenne 10,2%, une performance inférieure à celles des indices S&P 500 (+11,6%) et Euro Stoxx 50 (+11,9%). La réaction molle des cours des géants précités à leurs impressionnants rapports trimestriels confirme la rotation en cours que nous avons déjà évoquée à plusieurs reprises: en Bourse, la technologie est délaissée au profit de secteurs traditionnels, la croissance ne prime plus sur la valeur. En d'autres termes: les géants de la tech ne mènent plus le bal.