Galapagos et argenx ont publié en l'espace d'une semaine des données cliniques d'une importance extrême. Bien que les réactions à l'annonce de Galapagos aient été mitigées, la probabilité que le filgotinib, la molécule phare du groupe, soit commercialisé sous peu dans deux indications, est réelle. Le cours de l'action argenx a quant à lui fait un bond spectaculaire, et le potentiel de l'efgartigimod est désormais évident. La capitalisation boursière de ces deux grandes enseignes atteint aujourd'hui une valeur cumulée de 20 milliards d'euros, ce qui leur perme...

Galapagos et argenx ont publié en l'espace d'une semaine des données cliniques d'une importance extrême. Bien que les réactions à l'annonce de Galapagos aient été mitigées, la probabilité que le filgotinib, la molécule phare du groupe, soit commercialisé sous peu dans deux indications, est réelle. Le cours de l'action argenx a quant à lui fait un bond spectaculaire, et le potentiel de l'efgartigimod est désormais évident. La capitalisation boursière de ces deux grandes enseignes atteint aujourd'hui une valeur cumulée de 20 milliards d'euros, ce qui leur permet de figurer parmi les leaders européens du secteur. Et l'ascension n'est sans doute pas terminée.En décidant, il y a quatre ans, d'intégrer le thème des entreprises biotechnologiques belges en portefeuille, nous avons provoqué un tollé, en raison des risques inhérents au secteur. L'exemple d'Innogenetics (qui n'avait commercialisé aucun produit au tournant du siècle) et de ThromboGenics (le Jetrea a bel et bien été mis sur le marché, mais sans succès aucun) nous a été rappelé maintes et maintes fois.Nous étions pourtant convaincus du bien-fondé de notre décision. Le contraste entre les valorisations extrêmement faibles, conséquence du "traumatisme ThromboGenics", d'une part, et la qualité du secteur biotechnologique belge d'autre part, était frappant. Nous avons toutefois tenu à nous imposer un certain nombre de règles: disposer d'un horizon long (2020 à 2025) était impératif, car la commercialisation d'un médicament peut facilement exiger 10 à 15 ans; il convenait également de répartir les risques et de ne pas vendre à la première hausse.Au début de 2018, Sanofi a acquis la gantoise Ablynx; l'opération nous a permis de réaliser une première vente et d'empocher un bénéfice de plusieurs centaines de pour cent - même si nous avons à l'époque émis des doutes sur l'opportunité de l'offre. Le cas d'argenx est ensuite venu renforcer nos convictions. Tim Van Hauwermeiren, le CEO du groupe, a su s'entourer d'éminents investisseurs américains dans le secteur, qui ont contribué à préserver l'indépendance de l'entreprise. Aujourd'hui, nous enregistrons 1.250% de bénéfice, soit plus de 13 fois notre mise. La valeur de Galapagos et de Mithra Pharmaceuticals ayant atteint deux fois au moins notre prix d'achat moyen, nous pouvons nous permettre d'accueillir avec sérénité les faibles performances de Biocartis, Bone Therapeutics et MDxHealth, lignes que nous n'amortissons du reste pas encore entièrement. Il y a donc du potentiel dans le risque, à condition d'opérer une sélection judicieuse et de ne pas passer à côté des valeurs réellement prometteuses. Nous sommes par ailleurs heureux de constater que le secteur biotechnologique belge a de plus en plus sa place au sein de l'élite européenne, voire mondiale. Nous persistons et signons.