Plusieurs statistiques étayent votre affirmation selon laquelle les investisseurs ne sont plus enthousiastes à l'égard des grandes sociétés pharmaceutiques. Au cours des cinq dernières années, l'action Pfizer a sous-performé de 45% l'indice Standard&Poor's 500. L'action de Sanofi a fait encore moins bien, qui est restée en retrait de pas moins de 50% par rapport à l'indice EuroStoxx 50; l'action de Roche l'a été de 20%. Seule celle de Novartis est parvenue à suivre l'indice de référence européen au cours des cin...

Plusieurs statistiques étayent votre affirmation selon laquelle les investisseurs ne sont plus enthousiastes à l'égard des grandes sociétés pharmaceutiques. Au cours des cinq dernières années, l'action Pfizer a sous-performé de 45% l'indice Standard&Poor's 500. L'action de Sanofi a fait encore moins bien, qui est restée en retrait de pas moins de 50% par rapport à l'indice EuroStoxx 50; l'action de Roche l'a été de 20%. Seule celle de Novartis est parvenue à suivre l'indice de référence européen au cours des cinq dernières années. La performance décevante de la plupart de ces géants pharma, depuis des années, peut paraître paradoxale, compte tenu du vieillissement de la population mondiale et de l'augmentation exponentielle de la consommation de médicaments au cours des 60 dernières années.Pour les leaders du secteur, le lancement de nouveaux produits ayant un potentiel de " blockbuster " (chiffres de ventes supérieurs à un milliard de dollars par an) ne suffit pas pour compenser l'échéance des brevets pour leurs médicaments phares. C'est une explication à leur absence de croissance. Il y en a une autre: les prix parfois excessifs des nouveaux médicaments, surtout pour les maladies rares, en indignent plus d'un. Les investisseurs s'attendent dès lors à ce que bientôt les entreprises du secteur ne puissent plus fixer leurs prix elles-mêmes. Pour notre part, nous ne pensons pas que ces entreprises continueront de sous-performer le marché. Depuis plusieurs années toutefois, dans le portefeuille modèle, nous avons choisi de ne pas investir dans le " problème " mais dans une probable " solution ". Nous n'y avons pas privilégié la " big pharma " mais les petites sociétés biotech (belges) prometteuses. L'approche a jusqu'ici porté ses fruits. L'impressionnant portefeuille de projets d'Ablynx devrait améliorer la situation de celui que nous avions déjà qualifié de " canard boiteux " du secteur pharmaceutique européen: Sanofi. Ce sont en effet les sociétés biotech innovantes, dynamiques, qui commercialisent le plus souvent _ et plus rapidement _ les médicaments à succès. Or ces sociétés sont bien plus susceptibles d'être rachetées. Le cas échéant, les actionnaires réalisent une bonne affaire. Pensons à Ablynx, récemment, mais aussi à TiGenix. Et les proies ne manquent pas dans le secteur biotech. C'est pourquoi nous préférons investir de manière diversifiée dans les sociétés biotech prometteuses plutôt que dans des géants pharma dont la croissance stagne et qui, pour pouvoir conserver leurs actionnaires, doivent acquérir au prix fort les premières.