L'homme est un animal grégaire doué d'émotions, deux caractéristiques qui l'empêchent souvent de prendre les bonnes décisions en matière d'investissements en Bourse. Si nous avions demandé début janvier à la communauté des investisseurs si elle acquerrait sans hésiter AB InBev si son cours descendait sous 40 euros, Solvay si le titre valait moins de 60 euros, ou encore Royal Dutch Shell s'il se négociait sous 15 euros, sa réponse aurait été, majoritairement, " oui ". Or, quand c'est le cas, personne (ou presque) ne les achète. Nous l'avons constaté lors d'une rencontre récente avec...

L'homme est un animal grégaire doué d'émotions, deux caractéristiques qui l'empêchent souvent de prendre les bonnes décisions en matière d'investissements en Bourse. Si nous avions demandé début janvier à la communauté des investisseurs si elle acquerrait sans hésiter AB InBev si son cours descendait sous 40 euros, Solvay si le titre valait moins de 60 euros, ou encore Royal Dutch Shell s'il se négociait sous 15 euros, sa réponse aurait été, majoritairement, " oui ". Or, quand c'est le cas, personne (ou presque) ne les achète. Nous l'avons constaté lors d'une rencontre récente avec 25 investisseurs: un seul d'entre eux avait effectivement acquis des titres au cours de la semaine écoulée. Lorsque les cours baissent de conserve, nous nous persuadons qu'ils risquent de baisser davantage encore, et qu'il vaut mieux, pour les acquérir, attendre qu'ils atteignent un plancher. C'est se bercer d'illusions! Bien sûr, il arrive qu'on les acquière à leur plancher, mais c'est un hasard. Car il n'est possible d'identifier le plancher qu'a posteriori. La véritable question à se poser aujourd'hui n'est pas celle de savoir si le plancher a été atteint, mais si le niveau du cours, après repli, n'est pas tel qu'il accroît nettement la probabilité que l'action s'apprécie dans un délai d'une ou de deux années. Si les marchés boursiers ont dévissé, c'est à cause du Covid-19. Et jusqu'à nouvel ordre, il s'agit d'un phénomène temporaire. L'on aurait tort de (continuer à) négliger que les nouvelles en provenance de Chine sont assez bonnes en l'occurrence. Le pays le plus peuplé du monde, source de l'infection, a réussi à maîtriser le coronavirus. C'est donc possible, même si pour y parvenir, l'adoption de mesures drastiques, qui affectent considérablement l'économie, est nécessaire. Il faut savoir que sur dix questions que l'on pose aujourd'hui à la rédaction de l'Initié de la Bourse, huit ou neuf concernent une vente et seulement une ou deux, un achat. Certes, vu le contexte, consommer toutes ses liquidités aujourd'hui est déconseillé. Mais si vous n'osez pas acheter maintenant, vous risquez de vous en mordre les doigts, dans 12 ou 24 mois.D'autres actifs que les actions sont également touchés. Les investissements moins liquides, comme l'or et l'argent, sont affectés par les appels de marge, qui consistent en un réapprovisionnement liquide dans le but de couvrir les positions en cours. Il faut alors vendre, et les actifs sur lesquels une plus-value est encore réalisable sont les premiers à être sacrifiés. Le phénomène a été observé notamment en 2008-2009, période considérée jusqu'ici comme la plus profonde crise boursière des dernières décennies. Au début de la crise bancaire, le cours de l'or s'était effondré. Mais lorsque les Bourses ont touché leur plancher en mars 2009, le métal précieux était déjà revenu à des niveaux records. La plongée liée aux appels de marge est à notre estime une opportunité... en or.