En cette veille de vacances propice à la réflexion, il est temps de dresser un bilan, mais aussi, de songer au semestre qui suit. Comme à l'accoutumée, nous avions, dans le premier numéro de l'année, formulé 10 affirmations portant sur ce que seraient l'économie (ralentissement persistant de la croissance), l'inflation (aucun problème) et les taux (appelés à baisser) en 2019. Jusqu'ici, ces pronostics se sont confirmés.
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En cette veille de vacances propice à la réflexion, il est temps de dresser un bilan, mais aussi, de songer au semestre qui suit. Comme à l'accoutumée, nous avions, dans le premier numéro de l'année, formulé 10 affirmations portant sur ce que seraient l'économie (ralentissement persistant de la croissance), l'inflation (aucun problème) et les taux (appelés à baisser) en 2019. Jusqu'ici, ces pronostics se sont confirmés.Nous avions également prévu de voir la Bourse souffrir. Là, les quatre premiers mois de l'année nous ont fait mentir, puisque les marchés occidentaux ont exceptionnellement bien progressé - des gains de plus de 10% ont été davantage la règle que l'exception. Les résultats de la période janvier-avril figurent même parmi les cinq meilleurs des 100 dernières années à Wall Street. Depuis le début du mois de mai, toutefois, la tendance semble s'être inversée, donnant raison à l'adage sell in May (vendre en mai). Jusque-là, les marchés boursiers avaient profité de la faiblesse des taux et de l'espoir de voir les Etats-Unis et la Chine enterrer la hache de guerre avant l'été. Hélas, le conflit s'est envenimé; l'interdiction faite aux entreprises américaines (et, par extension, à d'autres groupes occidentaux) de collaborer avec Huawei Technologies, icône de l'industrie technologique chinoise, a relancé la guerre commerciale.Nous sommes curieux de voir si la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, lors du sommet du G-20 à Osaka (Japon), permettra d'apaiser les tensions. Les incertitudes croissantes qui entourent le conflit et les indicateurs économiques de plus en plus faibles n'ont en tout cas pas empêché les Bourses de reprendre de la hauteur récemment.C'est d'ailleurs ainsi qu'évoluent les marchés financiers depuis 10 ans: lorsque le monde politique s'échauffe, les banques centrales volent au secours des investisseurs. L'évocation d'un possible abaissement des taux par le président de la Federal Reserve, Jerome Powell, a pendant quelques jours fait le bonheur des investisseurs en actions et en obligations.Ces incessantes fluctuations pourraient être un avant-goût de ce que nous réserve l'été. Le sentiment des investisseurs en actions oscille entre craintes suscitées par le climat économique et espoir d'assister à un abaissement des taux - ce qui ne constituerait toutefois pas le fondement d'une hausse boursière saine. En cas d'escalade, le conflit entre les deux grandes puissances économiques menace de récession plusieurs pays. Le scénario TINA ("aucune alternative aux actions"), prévisible en cas de baisse des taux, ne serait dès lors plus défendable.Nous escomptons un été volatil, durant lequel des fluctuations de 10% se succéderont sans doute. Ce n'est que dans l'hypothèse d'un accord (ou d'un début d'accord) entre les Etats-Unis et la Chine que nous pourrons à nouveau nous tourner vers les actions. D'ici là, nous conservons une confortable position en liquide.