Cette année, l'économie américaine a poursuivi sur la voie d'une croissance lente, mais robuste. Le taux de croissance devrait ainsi s'établir juste en dessous de 2%, alors que le chômage est retombé à 4,6%. L'inflation de base - hors denrées alimentaires et carburants, dont les prix sont plus volatils - a progressé à 1,7%, et s'approche de l'objectif 2% de la Réserve fédérale (Fed). Celle-ci a relevé son taux à court terme de 25 points de base pour la première fois cette année (deuxième fois depuis 2008) à 0,5-0,75%. Fin 2015, la Fed prévoyait quatre relèvements des taux en 2016. Mais les inquiétudes suscit...

Cette année, l'économie américaine a poursuivi sur la voie d'une croissance lente, mais robuste. Le taux de croissance devrait ainsi s'établir juste en dessous de 2%, alors que le chômage est retombé à 4,6%. L'inflation de base - hors denrées alimentaires et carburants, dont les prix sont plus volatils - a progressé à 1,7%, et s'approche de l'objectif 2% de la Réserve fédérale (Fed). Celle-ci a relevé son taux à court terme de 25 points de base pour la première fois cette année (deuxième fois depuis 2008) à 0,5-0,75%. Fin 2015, la Fed prévoyait quatre relèvements des taux en 2016. Mais les inquiétudes suscitées par les pays émergents et le Brexit l'ont persuadée de revoir ses ambitions. Le dollar américain affiche un gain de 5% face à l'euro depuis le début cette année. Le billet vert s'est d'abord affaibli vis-à-vis de la monnaie unique au premier semestre, à mesure qu'il apparaissait de plus en plus clairement que la Fed allait à nouveau différer le relèvement des taux. Mais l'élection de Donald Trump le 8 novembre a inversé la tendance: depuis, le dollar a gagné 6% par rapport à l'euro. Il s'approche ainsi de la parité. La Fed annonce une croissance de 2,1% pour l'économie américaine l'an prochain. Compte tenu de la faiblesse du chômage et de la hausse de l'inflation, la banque centrale prévoit de relever son taux à court terme à quatre reprises l'an prochain, chaque fois de 25 points de base. Précédemment, les marchés ne tablaient que sur deux relèvements des taux en 2017. Le président Trump peut influer sur la croissance de deux manières. D'un côté, son plan de relance de 1000 milliards de dollars en investissements dans l'infrastructure et baisses d'impôts pourrait provoquer une surchauffe d'une économie déjà dynamique. Cette surchauffe entraînerait une hausse de l'inflation qui obligerait la Fed à relever ses taux de manière plus agressive que prévu. D'autre part, les velléités protectionnistes de Trump soulèvent toujours de nombreuses incertitudes. Personne ne peut dire aujourd'hui si la rhétorique intransigeante de Trump lorsqu'il était encore candidat à la présidence concernant le libre-échange se traduira effectivement par des actes. Les marchés financiers s'attendent à un dollar américain plus cher que l'euro en 2017, ce qui serait une première depuis 2002. Le différentiel de taux entre les États-Unis et la zone euro devrait en effet se creuser encore l'an prochain et rendre les obligations américaines plus attrayantes. La Fed prévoit de relever son taux à court terme à trois ou quatre reprises afin de le porter à 1,25 ou 1,375% fin 2017. La Banque centrale européenne, en revanche, n'envisage toujours pas de mettre un terme à sa politique de taux zéro. Une accélération de la croissance américaine et/ou des turbulences politiques dans la zone euro - avec les élections en Allemagne, en France et aux Pays-Bas en perspective - pourrait encore favoriser le billet vert. Une poursuite de l'appréciation du dollar présuppose toutefois que Trump réponde aux attentes élevées placées en lui, ce qui n'aura rien d'évident.