Le pipeline du spécialiste wallon de la thérapie cellulaire osseuse se compose de deux produits à l'étude pour trois indications. Il est moins étoffé qu'en 2016, mais vu ses moyens financiers limités, le groupe a dû faire des choix. L'interruption de l'étude onéreuse qu'il a consacrée à l'ostéoporose en est un.
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Le pipeline du spécialiste wallon de la thérapie cellulaire osseuse se compose de deux produits à l'étude pour trois indications. Il est moins étoffé qu'en 2016, mais vu ses moyens financiers limités, le groupe a dû faire des choix. L'interruption de l'étude onéreuse qu'il a consacrée à l'ostéoporose en est un. Avec PREOB, le produit de thérapie cellulaire autologue - constitué à partir des cellules de moelle osseuse de chaque patient -, une étude de phase III est en cours auprès de patients présentant une ostéonécrose. Les résultats intermédiaires suivront en septembre et en octobre. S'ils se révèlent positifs, l'étude pourrait être interrompue avant son terme, et la demande de commercialisation introduite. " Pourrait ", car dans le cadre de l'essai intermédiaire, les résultats tiennent compte d'un suivi des patients durant 12 mois, alors que l'étude porte au total sur 24 mois. C'est à l'Agence européenne des médicaments que reviendra la décision. Si elle autorise la finalisation précoce de l'étude, PREOB pourrait être commercialisé en 2020 ou 2021 en Europe. Pour ce produit, il est extrêmement difficile d'estimer les ventes maximales car de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. Si l'on se fonde sur les près de 100.000 patients atteints de la maladie et sur un taux de pénétration de 5 à 10%, l'on peut envisager un chiffre d'affaires maximal compris entre 60 et 120 millions d'euros. Aux Etats-Unis, aucune étude n'a encore été réalisée avec PREOB. En revanche, le groupe Asahi Kasei a pris en licence le produit pour le marché japonais (10.000 à 15.000 patients). C'est cependant ALLOB qui recèle le plus de potentiel. Ce produit est allogénique - il est fabriqué à partir de cellules de moelle osseuse de donneurs sains. Tant pour l'indication fractures avec retard de consolidation (l'étude de phase IIb démarrera à la fin de l'année) que pour l'indication fusion vertébrale (les résultats de phase IIa complets seront dévoilés à l'été 2019), les études cliniques évoluent comme escompté. Pour ces indications, les produits seront commercialisés au plus tôt en 2025. Il s'agit de deux marchés très vastes (respectivement 1.000.000 et 500.000 patients en Europe, aux Etats-Unis et au Japon), où un taux de pénétration de 5 à 10% peut produire plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. Grâce à la récente émission d'un emprunt convertible à hauteur de 19,45 millions d'euros, Bone Therapeutics dispose de moyens pour mener ses études jusque fin 2019. La désignation de l'expérimenté Jean Stéphenne à la direction du conseil d'administration est une étape importante pour le groupe et un paramètre déterminant dans la valorisation du potentiel, selon nous toujours sous-estimé, de la technologie de Bone Therapeutics. Sa capitalisation boursière s'élève à 73 millions d'euros. L'action, qui demeure trop bon marché, est digne d'achat (rating 1C).