L'économie chinoise a un gros coup de mou, c'est le moins qu'on puisse dire. La croissance publiée pour l'année 2018 est, à un peu plus de 6%, la plus molle de la décennie. Cela fait longtemps, désormais, que le pays ne peut plus se targuer d'enregistrer des taux de croissance de l'ordre de 9% ou 10%. Et il est probable que cette période dorée soit révolue. Bien que l'économie chinoise soit de plus en plus axée sur la consommation domestique, les exportations ont encore largement contribué au PIB l'an dernier. Dès l...

L'économie chinoise a un gros coup de mou, c'est le moins qu'on puisse dire. La croissance publiée pour l'année 2018 est, à un peu plus de 6%, la plus molle de la décennie. Cela fait longtemps, désormais, que le pays ne peut plus se targuer d'enregistrer des taux de croissance de l'ordre de 9% ou 10%. Et il est probable que cette période dorée soit révolue. Bien que l'économie chinoise soit de plus en plus axée sur la consommation domestique, les exportations ont encore largement contribué au PIB l'an dernier. Dès lors, les taxes à l'importation instaurées par Donald Trump ont affecté sévèrement l'Empire du Milieu.Le conflit commercial entre Pékin et Washington a également eu une incidence non négligeable sur les places chinoises, en 2018. Une nette progression des cours a été observée au premier trimestre de cette année, mais à notre estime, tant que les doutes persisteront quant à l'issue du conflit, les Bourses chinoises resteront agitées. Il n'empêche qu'une amélioration structurelle demeure possible au fil des ans, car l'accroissement prévu de la pondération des actions chinoises dans les indices mondiaux devrait entraîner un afflux de plus en plus important de capitaux étrangers sur les marchés chinois. Pour l'heure, les valeurs chinoises pèsent encore très peu dans ces indices. Bien qu'elles représentent environ 12% du marché mondial, leur pondération au sein de l'indice MSCI All Country World, par exemple, n'est que de 4%. Mais Pékin le doit avant tout à elle-même: jusqu'ici, elle a isolé les marchés financiers chinois du reste du monde. La Chine ne va probablement pas ouvrir grand ses marchés de capitaux aux étrangers. La pondération de ses actions dans les indices internationaux ne passera pas du jour au lendemain de 4 à 12%. Le scénario le plus réaliste est celui d'une intégration progressive, d'un accroissement constant de leur poids. Le gestionnaire de patrimoine Schroders estime à 200 milliards de dollars les capitaux étrangers susceptibles d'affluer sur les marchés chinois au cours des prochaines années si Pékin les laissait s'ouvrir peu à peu au reste du monde. Les actions chinoises A devraient en tirer profit. Ces titres d'entreprises locales ne s'échangent pas en Bourse de Hong Kong, mais sur les places de Shanghai et de Shenzhen. Ils sont libellés en yuan, et non en monnaies étrangères; ceux qui se négocient en dollar américain ou de Hong Kong sont des titres de catégorie B. Pour profiter de l'engouement pour les valeurs chinoises, et surtout les actions A, il pourrait être judicieux d'investir dans des fonds de placement ou des trackers.