Pour les actionnaires de Monsanto qui voudraient participer à l'offre, le tableau n'a jamais été aussi favorable qu'aujourd'hui. Le cours du géant agricole américain s'est en effet approché progressivement du prix de l'offre. Il se peut même qu'au moment où vous lisez ces lignes, le ministère américain de la justice ait donné le feu vert à l'opération. En effet, les propositions que Bayer a faites récemment à la Commission européenne pourraient suffire à présent pour que le rachat soit validé. Le cas échéant, il ne manquerait plus que l...

Pour les actionnaires de Monsanto qui voudraient participer à l'offre, le tableau n'a jamais été aussi favorable qu'aujourd'hui. Le cours du géant agricole américain s'est en effet approché progressivement du prix de l'offre. Il se peut même qu'au moment où vous lisez ces lignes, le ministère américain de la justice ait donné le feu vert à l'opération. En effet, les propositions que Bayer a faites récemment à la Commission européenne pourraient suffire à présent pour que le rachat soit validé. Le cas échéant, il ne manquerait plus que l'approbation de l'Inde, laquelle n'est toutefois pas essentielle. En mars, Bruxelles a déjà approuvé la fusion entre Bayer et Monsanto. La condition imposée par la Commission européenne est que le chimiste allemand vende des concessions à concurrence de plusieurs milliards d'euros. Bayer s'est plié à cette exigence: il a notamment désinvesti dans les semences, cédant son activité à BASF pour 5,9 milliards d'euros. Récemment, la Russie a également donné son assentiment à la reprise, sous conditions. Pour devenir le plus grand acteur du secteur des substances chimiques agricoles, Bayer se voit donc contraint de procéder à plusieurs désinvestissements. La première fois que les deux multinationales avaient évoqué leur fusion, c'était en mai 2016. Preuve de sa détermination, Bayer a relevé son offre à trois reprises. Il a porté la dernière à 66 milliards de dollars (environ 58 milliards d'euros; 128 dollars par action Monsanto), montant que la direction de Monsanto a accepté. C'est une évolution pour le moins surprenante: le prédateur Monsanto est devenue une proie. Sous l'impulsion de son CEO Hugh Grant, il avait jeté son dévolu sur son concurrent suisse Syngenta, qui s'est cependant fermement opposé à la transaction. En août2015, Monsanto avait dû jeter le gant pour la énième fois. C'est alors qu'un rapprochement a été suggéré entre Monsanto et les divisions agricoles de Bayer ou de BASF, avant que les Américains annoncent finalement il y a quelques mois leur intention de changer leur fusil d'épaule et ne plus avoir aucun projet d'acquisition de cette ampleur. C'était probablement le signal que le groupe allemand attendait pour passer à l'action. D'autant que dans l'intervalle, Syngenta avait été rachetée par ChemChina, et Dow Chemical et du Pont avaient fusionné. Le secteur de l'agrochimie continue donc de se consolider. Aussi Bayer rachète-t-il Monsanto au moment précis où le groupe américain traverse un " creux ". Pour l'exercice courant 2017-2018, qui sera clos le 31 août, les analystes s'attendent en moyenne à un bénéfice par action de 5,69 dollars, soit à peu près le même montant qu'en... 2014-2015, en l'occurrence 5,73 dollars.