Effectivement, depuis mars 2015, la sous-performance de la Banque nationale de Belgique (BNB) par rapport aux Bourses européennes est patente. La tendance du cours de l'action s'est inversée au moment où la Banque centrale européenne (BCE) a lancé un vaste programme de rachats d'obligations publiques - assouplissement quantitatif ou QE. Lequel a été suivi en juin 2016 par un programme de rachats d'obligations d'entreprises. Les deu...

Effectivement, depuis mars 2015, la sous-performance de la Banque nationale de Belgique (BNB) par rapport aux Bourses européennes est patente. La tendance du cours de l'action s'est inversée au moment où la Banque centrale européenne (BCE) a lancé un vaste programme de rachats d'obligations publiques - assouplissement quantitatif ou QE. Lequel a été suivi en juin 2016 par un programme de rachats d'obligations d'entreprises. Les deux programmes sont arrivés à leur terme fin 2018. Le total du bilan de la BNB a gonflé de 13,9 milliards d'euros, à 186,5 milliards, l'an dernier, contre un total de 75,5 milliards fin 2014. En dépit de l'accroissement de ses revenus et bénéfices qui en a logiquement résulté, la banque n'a pas majoré le dividende l'an dernier. En vue d'amortir les éventuelles pertes liées aux programmes de rachats, elle a en effet décidé d'affecter 50% du bénéfice net (contre 25% précédemment) aux réserves disponibles tant que la BCE appliquerait une politique non conventionnelle. Le profil de risque de la BNB a donc augmenté, sans que l'actionnaire ne reçoive de compensation. Le dividende net a baissé de 124,2 euros par action en 2014 à 89,30 euros l'an dernier; le rendement net est cependant toujours très attrayant (3,5%). A l'automne 2018, le cours était retombé à 2.400 euros, son plus bas niveau depuis 2012 (contre 2.600 euros aujourd'hui). Abstraction faite du profil de risque, l'action fluctue comme ses concurrentes du secteur, et même moins. Et si elle n'avait guère participé au mouvement haussier général des Bourses observé les premiers mois de l'année 2019, elle a rattrapé un peu de son retard une fois publiés les résultats annuels, le 27 mars. En marge de la présentation du rapport, la BNB a en effet annoncé un relèvement du dividende de 8,5%, à 138,47 euros brut par action, soit un dividende net de 96,93 euros (rendement net: 3,8%). Le bénéfice net a augmenté de 17,8%, à 745,6 millions d'euros en 2018, porté par une hausse des revenus d'intérêts et une baisse des charges fiscales. Tant qu'aucune nouvelle crise de la dette ne s'enclenchera, l'action BNB demeurera une valeur de rendement attrayante. Acheter (rating 1B).