Le titre BNB a évolué en deux temps ces cinq dernières années. Entre septembre 2013 et mars 2015, l'action, soutenue par le climat boursier, s'est appréciée d'environ 40%, de sorte qu'elle faisait aussi bien que le Bel 20. Elle a cependant depuis perdu la totalité du terrain gagné, alors que le Bel 20 restait stable. Ce n'est pas un hasard si la rupture se situe en mars 2015: c'est à ce moment-là que la BCE a lancé son programme de rachats mas...

Le titre BNB a évolué en deux temps ces cinq dernières années. Entre septembre 2013 et mars 2015, l'action, soutenue par le climat boursier, s'est appréciée d'environ 40%, de sorte qu'elle faisait aussi bien que le Bel 20. Elle a cependant depuis perdu la totalité du terrain gagné, alors que le Bel 20 restait stable. Ce n'est pas un hasard si la rupture se situe en mars 2015: c'est à ce moment-là que la BCE a lancé son programme de rachats massifs d'obligations souveraines, à quoi se sont ajoutés en juin 2016 les rachats d'obligations d'entreprises. Partiellement mis en oeuvre par les banques nationales, ces deux programmes courent jusqu'à la fin de 2018. Fin 2017, la BNB avait racheté pour 96,9 milliards d'euros d'actifs; c'est beaucoup par rapport à son bilan, d'un total de 172,7 milliards d'euros. Nous avions donc relevé son profil de risque de bas (A) à moyen (B). Les pertes subies en cas de hausse des taux devraient en effet être supportées par les banques nationales, au prorata de la part qu'elles détiennent dans le capital de la BCE (3,52%, pour la BNB). Pour pouvoir amortir ces pertes éventuelles, la BNB transfère désormais 50% de son bénéfice net dans ses réserves disponibles (25%, précédemment). Sur un bénéfice net de 632,7 millions d'euros et conformément à la politique de dividende modifiée en 2010, 51,1 millions d'euros ont été distribués au titre de dividendes l'an dernier, soit un dividende net de 89,34 euros par action et donc, un rendement net de 3,3%. La tendance baissière de ces dernières années se confirme donc. Mais si le dividende recule (légèrement) chaque année, il reste nettement plus élevé qu'avant le changement de 2010 - il évoluait à l'époque en fonction du PIB. La propension du titre à suivre (dans une mesure limitée) l'évolution des actions bancaires traditionnelles reste préoccupante. Elle explique d'ailleurs la contre-performance enregistrée depuis mai. A taux d'imposition inchangé, nous misons sur un dividende stable ou en légère baisse pour les prochaines années. Mais dans un contexte de taux chroniquement bas, le rendement net reste attrayant, si bien que nous continuons à recommander l'action pour le long terme comme solution de rechange aux obligations (1B).