Entre les mauvaises nouvelles macroéconomiques qui ne cessent de pleuvoir et les bons résultats des entreprises qui ne concordent pas toujours avec les dévissages boursiers de ces derniers mois, les investisseurs ne savent plus vraiment à quel saint se vouer.
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Entre les mauvaises nouvelles macroéconomiques qui ne cessent de pleuvoir et les bons résultats des entreprises qui ne concordent pas toujours avec les dévissages boursiers de ces derniers mois, les investisseurs ne savent plus vraiment à quel saint se vouer. Début 2022, nous jugions que certaines valorisations étaient excessives; rétrospectivement, nous avions raison. Deux exemples viennent le confirmer: Warehouses De Pauw (WDP), la plus importante société immobilière réglementée spécialisée dans la logistique, a relevé pour la deuxième fois de suite ses prévisions de bénéfices pour l'exercice, de 1,20 euro "au moins" à 1,25 euro par action; le dividende par action s'élèvera dès lors à 1,00 euro (contre 0,96 euro "au minimum" annoncé précédemment). Toutefois, le cours de l'action a reculé de près d'un tiers, passant de 42 à moins de 30 euros, car la prime par rapport à la valeur intrinsèque (qui dépasse à peine les 20 euros) s'est fortement réduite - de plus de 100% à moins de 40% - sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt, qui n'a pourtant pas (encore?) bridé la croissance de WDP. Ce cas de figure montre qu'il convient donc de se méfier si, en tant qu'investisseur, l'on doit payer aujourd'hui déjà le plan de croissance de demain. Le deuxième exemple concerne le holding Sofina, qui a su limiter le recul de sa valeur intrinsèque à 13%, malgré les turbulences sur les marchés financiers et les problèmes rencontrés par certaines de ses participations, notamment Byju's, en Inde. Or, l'action a quant à elle abandonné 55% en Bourse depuis le début de l'année. En janvier, le cours de l'action Sofina (436 euros) incluait une prime record (près de 100 euros) par rapport à sa valeur intrinsèque (337 euros). Fin juin en revanche, la valeur intrinsèque était tombée à 295 euros par action, tandis que le cours avait plongé plus de 100 euros au-dessous. Même en excluant les participations qui font l'objet d'une controverse, le cours inclut désormais encore une décote, ce qui est beaucoup plus sain.Mais dans l'ensemble, nous pouvons dire que les hausses de taux d'intérêt ont rendu les valorisations moyennes des actions beaucoup plus raisonnables, si bien que ces dernières sont devenues beaucoup plus attrayantes pour les investisseurs. Car les résultats n'ont pas été si mauvais cette année, et les baisses de cours des actions sont absolument disproportionnées par rapport à l'évolution des bénéfices. Cela signifie donc que les Bourses anticipent déjà la baisse des résultats attendue l'an prochain. Les actions de l'indice Standard&Poor's 500 se négocient à une valorisation moyenne de 17,5 fois les bénéfices moyens attendus pour 2022. Ce chiffre est de 15,5 pour l'indice MSCI World de 10,5 seulement pour l'indice Euro Stoxx 50, qui reprend les valeurs européennes. Ces dernières sont ainsi bien plus intéressantes qu'il y a un an.