Nous avons décidé de sortir ArcelorMittal du portefeuille modèle après l'annonce inattendue d'une forte augmentation de capital de 3,2milliards USD. Celle-ci a pris la forme d'une émission de 1,26milliard d'actions nouvelles à 2,2EUR par action, soit une forte dilution de 70%. La participation à cette augmentation de capital allait à l'encontre de notre stratégie en trois axes: constituer une position de liquidités, protéger le portefeuille et augmenter l'exposition aux métaux précieux. Compte tenu de la taxe sur la spéculation, elle n'avait de sens que si nous conservions l'action jusqu'après l'été. Que l'action se soit montrée performante depuis est une conséquence de l'exécution rapide de l'augmentation de capital, en pleine flambée des prix de l'acier et du minerai de fer. Compte tenu de la surcapacité toujours présente, ce redressement des prix ne s'appuie cependant sur aucun argument fondamental, et le minerai de fer a d'ailleurs abandonné la moitié des gains enregistrés au préalable ces dernières semaines...

Nous avons décidé de sortir ArcelorMittal du portefeuille modèle après l'annonce inattendue d'une forte augmentation de capital de 3,2milliards USD. Celle-ci a pris la forme d'une émission de 1,26milliard d'actions nouvelles à 2,2EUR par action, soit une forte dilution de 70%. La participation à cette augmentation de capital allait à l'encontre de notre stratégie en trois axes: constituer une position de liquidités, protéger le portefeuille et augmenter l'exposition aux métaux précieux. Compte tenu de la taxe sur la spéculation, elle n'avait de sens que si nous conservions l'action jusqu'après l'été. Que l'action se soit montrée performante depuis est une conséquence de l'exécution rapide de l'augmentation de capital, en pleine flambée des prix de l'acier et du minerai de fer. Compte tenu de la surcapacité toujours présente, ce redressement des prix ne s'appuie cependant sur aucun argument fondamental, et le minerai de fer a d'ailleurs abandonné la moitié des gains enregistrés au préalable ces dernières semaines (recul de 70USD à 54USD la tonne depuis le 21avril). Les mauvais résultats du 1ertrimestre ont confirmé les perspectives sombres du secteur de l'acier à court terme. La quantité d'acier expédié a certes progressé de 8,8% par rapport au trimestre précédent, à 21,5millions de tonnes, mais en raison d'une nouvelle baisse de 8,7% du prix moyen de l'acier, le chiffre d'affaires a reculé de 4,2% à 13,4milliards USD, alors que les cash-flows opérationnels (EBITDA) chutaient de 16% à 0,93milliard USD (-32,7% par rapport au 1ertrimestre 2015). La perte nette récurrente a diminué de 375millions USD à 176millions USD (36millions USD au 1ertrimestre 2015). Les prudentes mais néanmoins décevantes prévisions pour 2016 - EBITDA attendu d'au moins 4,5milliards USD (5,23milliards USD en 2015), croissance de la demande mondiale comprise entre 0 et 0,5% - ont été confirmées. La position nette d'endettement était supérieure aux prévisions fin mars: 17,3milliards USD. L'augmentation de capital (enregistrée en avril) et les 875millions EUR qu'a rapportés la vente d'une participation de 35% dans Gestamp (sous-traitant espagnol de l'industrie automobile) ont certes permis de rembourser des emprunts, mais le bilan d'ArcelorMittal reste fragile, et il n'est pas exclu qu'une augmentation de capital supplémentaire s'avère nécessaire au cours des 12 à 24mois à venir. L'action est à conserver (2C).La subite hausse du cours de l'action est-elle liée au changement de nom d'Anfield Nickel en Anfield Gold? Le groupe offre-t-il de nouvelles perspectives?Le changement de nom de l'entreprise minière canadienne Anfield Nickel Corp, devenue Anfield Gold Corp, est lié à l'acquisition de Magellan Minerals, bouclée le 9mai. Anfield Nickel laisse ainsi derrière elle une aventure très décevante dans le nickel. La vente du projet Mayaniquel (Guatemala) à Cunico Resources en avril 2014 s'est en effet effectuée à des conditions médiocres: cinq paiements annuels de 3millions USD jusqu'en 2018, et un paiement final en juin 2019 basé sur le prix moyen du nickel entre juin 2018 et juin 2019. Le scénario de base (nickel à 14.000USD la tonne) faisant état d'un paiement final de 28millions USD, la valeur totale du deal atteindrait à 43millions USD. Mais sur la base du cours actuel du nickel (8589USD la tonne), la transaction ne vaudrait plus que 28millions USD. Compte tenu des 43,4millions d'actions en circulation avant l'acquisition de Magellan Minerals, la vente rapporterait ainsi entre 0,8 et 1,3CAD par action. La sortie espérée au-dessus de 6CAD par action n'aura donc pas lieu, et de nombreux actionnaires qui ont investi 4,25CAD par action lors de l'augmentation de capital de 2012 peuvent s'estimer déçus. Un scénario cauchemar pour l'actionnaire principal et légende vivante de l'industrie minière Ross Beaty, qui a fait de l'apport d'un ou plusieurs projets de valeur dans l'entreprise une affaire d'honneur. Et une première étape importante a à présent été franchie avec l'acquisition à de très bonnes conditions d'une Magellan Minerals financièrement à bout de souffle, dont le principal actif est le projet d'or de Coringa, dans le nord du Brésil. Sur la base des réserves connues, Coringa combinerait une durée de vie de 8,6ans et une production annuelle moyenne de 46.500onces. La construction de la mine coûterait 75,5millions USD, pour le coût total de production à 887USD l'once. De plus, le coût de construction pourrait encore baisser, et le projet recèle un fort potentiel d'exploration. La mine doit être opérationnelle d'ici fin 2017. L'acquisition a été financée par l'émission de 19,1millions d'actions (dilution de 44%), et un placement privé de 30,5millions d'actions à 0,82CAD par action est en cours. Sur la base d'un prix de l'or de 1250USD l'once, une estimation prudente assortirait Coringa d'une valeur de 1,5 à 2CAD par action. La détermination de Beaty à surmonter la déception liée à Mayaniquel par le développement rapide d'une entreprise de mines d'or a attiré notre attention. Nous allons à nouveau suivre de près Anfield Gold et nous relevons le conseil à "digne d'achat" (1C).