Il est clair que la décision du Président Donald Trump d'instaurer des droits d'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium est perturbante. De telles mesures n'ont jamais eu d'effet positif sur le commerce mondial. De plus, les contre-mesures des partenaires commerciaux affectés pourraient provoquer une escalade. Trump a déjà exonéré des droits d'importation ses grands partenaires commerciaux que sont le Canada et le Mexique, à la condition que des progrès soient réalisés dans la renégociation en cours de l'Accord nord-amé...

Il est clair que la décision du Président Donald Trump d'instaurer des droits d'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium est perturbante. De telles mesures n'ont jamais eu d'effet positif sur le commerce mondial. De plus, les contre-mesures des partenaires commerciaux affectés pourraient provoquer une escalade. Trump a déjà exonéré des droits d'importation ses grands partenaires commerciaux que sont le Canada et le Mexique, à la condition que des progrès soient réalisés dans la renégociation en cours de l'Accord nord-américain de libre échange, et a laissé entendre que des exemptions supplémentaires seraient possibles. L'industrie sidérurgique européenne y compte beaucoup. Il est presque acquis que les prix de l'acier et de l'aluminium vont augmenter aux Etats-Unis. ArcelorMittal, qui y exploite de nombreux sites de production, pourrait en profiter. En 2017, ce géant de l'acier a réalisé 26% de son volume expédié et 21% de son cash-flow d'exploitation (Ebitda; 1,7 milliard de dollars sur un total de 8,4 milliards pour le groupe) au pays de l'Oncle Sam. Nous suivrons de près ce dossier au cours des mois à venir, mais pour l'instant, nous ne nous inquiétons pas trop pour l'aciériste. Son action avait réagi négativement à la décision de Trump, avant de se redresser la semaine dernière. Globalement, le secteur de la sidérurgie n'a pas trop à s'en faire pour l'instant: les indicateurs économiques mondiaux positifs, la baisse des exportations chinoises et les mesures antidumping adoptées par les Etats-Unis et l'Europe soutiennent les prix de l'acier. ArcelorMittal a enfin vu son bilan progresser nettement, et sa priorité reste la bonne exécution de son plan "Action 2020", qui vise l'appréciation de l'Ebitda annuel de trois milliards de dollars. En février dernier, l'agence de notation S&P a récompensé l'entreprise pour les progrès déjà réalisés. Elle a relevé à investment grade la note de solvabilité d'ArcelorMittal. ArcelorMittal reversera un dividende cette année - après l'avoir suspendu durant trois ans -, d'un montant de 10 centimes de dollars par action. Après plusieurs années d'assainissement, l'entreprise est à nouveau en quête de croissance. Elle a fait une offre (encore à approuver) au groupe italien Ilva et a quelques projets d'acquisition en Inde. La valorisation d'ArcelorMittal est attrayante à 10fois le bénéfice attendu pour 2018. Nous ne vendrions qu'une partie de la position et pour autant que le portefeuille soit trop investi dans l'action (plus de 5%). L'action est sinon à conserver (2B).