C'est un euphémisme: le bilan du semestre écoulé n'a rien d'enthousiasmant. Peu importe les supports choisis, la grande majorité des investisseurs n'ont que des nuances de rouge à admirer en ce début d'été. Les pertes à deux chiffres sont la règle, plutôt que l'exception. Les épargnants tirent-ils leur épingle du jeu? En termes absolus, il semble que oui: l'encours de l'épargne n'a pas bougé. Mais la presse nous a récemment appris que les prix des produits courants, dans les supermarchés, ont progressé de 11% en moyenne depuis le début de l'année. Ceux qui privilégient l'...

C'est un euphémisme: le bilan du semestre écoulé n'a rien d'enthousiasmant. Peu importe les supports choisis, la grande majorité des investisseurs n'ont que des nuances de rouge à admirer en ce début d'été. Les pertes à deux chiffres sont la règle, plutôt que l'exception. Les épargnants tirent-ils leur épingle du jeu? En termes absolus, il semble que oui: l'encours de l'épargne n'a pas bougé. Mais la presse nous a récemment appris que les prix des produits courants, dans les supermarchés, ont progressé de 11% en moyenne depuis le début de l'année. Ceux qui privilégient l'épargne ont donc également perdu beaucoup de pouvoir d'achat.Bien sûr, l'horizon des investisseurs est (ou en tout cas, devrait être) bien supérieur à six mois. Du printemps 2020 à la fin de l'année 2021, ces derniers ont connu une période très faste; sur l'ensemble de la décennie écoulée, ils n'ont pas non plus eu à se plaindre, et investir était toujours plus rentable qu'épargner. Remis dans une perspective historique, le semestre qui vient de s'achever sera beaucoup moins douloureux qu'il n'y paraît aujourd'hui.Il ne faut pas chercher bien loin les causes de ce semestre médiocre. Pour la première fois depuis des décennies, nous sommes confrontés à une inflation élevée, laquelle a contraint les banques centrales à changer leur fusil d'épaule en relevant les taux d'intérêt à long terme, ce qui pourrait entraîner une récession (soit au moins deux trimestres consécutifs de croissance négative). Mais une légère récession est peut-être la meilleure chose que l'on puisse souhaiter, en tant qu'investisseur: elle provoquera un pic d'inflation, une baisse des taux d'intérêt à long terme et donnera aux grands argentiers l'opportunité de modérer leur ton et de donner des tours de vis moins agressifs qu'esquissé aujourd'hui.Une chose est quasi certaine: après ce très mauvais semestre, l'on ne peut qu'en connaître un meilleur. Certes, le pire des scénarios n'est jamais à exclure, mais il convient de réaliser que les marchés ont déjà bien plongé. Pour autant, la longue phase haussière entamée en 2009 par Wall Street n'est toujours pas terminée - une précision essentielle pour l'investisseur à long terme. Nous restons convaincus que celui qui achète aujourd'hui ne le regrettera pas d'ici quelques mois. Il pourra se vanter de s'être exposé à contre-courant d'un écrasant consensus, et dans un océan de mauvaises nouvelles. Fin 2021, nous avions prévenu qu'une forte correction était imminente et attiré l'attention sur le regain de volatilité attendu en 2022. Nous nous étions dès lors constitué une abondante trésorerie au premier trimestre. Nous ne nous attendions toutefois pas à un plongeon de cette ampleur au deuxième trimestre. L'année 2022 ne sera pas un cru record en Bourse, mais nous pensons qu'il sera possible, au cours du second semestre, de récupérer une partie des billes perdues.