Après plusieurs semaines d'attente fébrile, le monde financier a obtenu ce qu'il espérait le 31 juillet: la Réserve fédérale américaine a abaissé les taux d'intérêt de 25 points de base (0,25%). Les banquiers centraux ont pris l'habitude d'annoncer les changements de politique très à l'avance pour ne pas brusquer les marchés. Cette baisse des taux est toutefois historique dans la mesure où la Fed n'avait pas pris une telle décision depuis plus de 10 ans (la dernière baisse des taux remonte à l'automne 2008). Les marchés avaient eu amplement le temps de digérer l'information et Wall Street s'...

Après plusieurs semaines d'attente fébrile, le monde financier a obtenu ce qu'il espérait le 31 juillet: la Réserve fédérale américaine a abaissé les taux d'intérêt de 25 points de base (0,25%). Les banquiers centraux ont pris l'habitude d'annoncer les changements de politique très à l'avance pour ne pas brusquer les marchés. Cette baisse des taux est toutefois historique dans la mesure où la Fed n'avait pas pris une telle décision depuis plus de 10 ans (la dernière baisse des taux remonte à l'automne 2008). Les marchés avaient eu amplement le temps de digérer l'information et Wall Street s'est contentée d'une réaction classique, plongeant dans le rouge à l'annonce.Jerome Powell a défendu la décision en soulignant l'incertitude accrue entourant la politique commerciale, le ralentissement de l'économie mondiale, qui pourrait également plomber la croissance américaine, et l'inflation (1,6%), toujours inférieure à l'objectif de 2%. On notera toutefois que le président de la Fed a aussitôt calmé les ardeurs. "Ce n'est pas le début d'une longue série de baisses de taux", a-t-il affirmé lors du point de presse qui a suivi l'annonce de la décision de politique monétaire. Sur la base des échanges de futures, le marché anticipe toujours une baisse de taux supplémentaire en 2019. Mais tous les gouverneurs de la Réserve fédérale ne sont pas convaincus de la nécessité de cette baisse, compte tenu de la robustesse de l'économie américaine.La déclaration de Jerome Powell n'était pas la seule nouvelle décevante pour les investisseurs: les Etats-Unis et la Chine n'ont pas avancé d'un millimètre dans la résolution de leur conflit commercial. Au contraire, le président américain Donald Trump, qui prépare déjà sa campagne électorale, a même décidé de grever les 300 milliards restants d'importations en provenance de Chine d'une taxe de 10%, au motif que les Chinois ne respectent pas certains de leurs engagements - par exemple, acheter davantage de produits agricoles américains. La veille, le président américain se disait impatient de connaître la décision de la Fed en matière de taux, lui qui avait au préalable quasiment exigé une baisse significative (50 points de base). Donald Trump s'est donc empressé de faire part de sa déception dans un tweet.Cette double déception n'est bien sûr pas une bonne nouvelle pour Wall Street et d'autres Bourses (occidentales). Le message de Jerome Powell en lui-même n'était pas suffisamment puissant à notre goût pour alimenter l'ascension des marchés, qui s'était d'ailleurs déjà progressivement essoufflée ces dernières semaines. Le mois d'août, pendant lequel les Américains sont nombreux à prendre des congés, sera probablement un mauvais mois en Bourse, avec de nombreuses séances teintées de rouge sur fond d'échanges faibles, ce qui amplifie les mouvements. Nous maintenons donc plus que jamais notre stratégie prudente, combinée à une abondante position de trésorerie.