Vous le connaissez tous désormais: le morceau qui a révélé Stromae à son public il y a cinq ans environ semble aujourd'hui parfaitement adapté pour décrire la situation de l'économie mondiale et des marchés financiers.
...

Vous le connaissez tous désormais: le morceau qui a révélé Stromae à son public il y a cinq ans environ semble aujourd'hui parfaitement adapté pour décrire la situation de l'économie mondiale et des marchés financiers. Si le rythme est entraînant, les paroles de la chanson sont, elles, plutôt déprimantes. Paul Van Haver, alias Stromae, a écrit : "Qui dit argent dit dépenses, qui dit crédit dit créance, qui dit dette dit huissier, dit assis dans la merde." Après avoir évoqué le divorce, le deuil, la crise... il nous invite à sortir et à danser pour "oublier tous les problèmes".La durée et l'ampleur de la hausse des Bourses amorcée en 2009 sont pour ainsi dire sans précédent. Ce qui est d'autant plus remarquable qu'après la crise financière, l'économie mondiale ne s'est jamais plus approchée de la situation qui avait précédé cet événement dramatique. La croissance moyenne de l'économie mondiale depuis 2009 représente à peine la moitié de celle de la période qui a précédé. Pendant un certain temps, l'actualité économique négative était même accueillie positivement par les marchés financiers car elle pouvait se traduire par une nouvelle intervention des banques centrales, véritable facteur de soutien des marchés boursiers. On peut donc danser en Bourse alors que l'économie est en difficulté. Tant que les intervenants de marché étaient convaincus que la politique des banques centrales _ articulée autour de l'assouplissement quantitatif et ensuite des taux négatifs _ était la solution à la stagnation de l'économie mondiale, les marchés boursiers occidentaux prenaient de la hauteur. Cette confiance a cependant pris un coup dans l'aile récemment. Car plus de 600abaissements de taux plus tard, et après l'injection de 12.000milliards USD dans l'assouplissement quantitatif, force est de constater que l'économie mondiale ne s'extrait toujours pas de l'ornière. Pour cette année, le FMI a même anticipé qu'elle stagnerait, après avoir une nouvelle fois abaissé les projections de croissance pour cette même année. Ce qui renforce les incertitudes par rapport au bienfondé de l'approche actuelle.Qui plus est, les effets collatéraux pèsent de plus en plus lourd dans la balance. D'abord, la charge de dettes n'a fait qu'augmenter à l'échelle mondiale. En Chine particulièrement, le taux d'endettement s'est considérablement accru depuis 2009. À la fin de l'an dernier, les dettes de la Chine représentaient environ 240% du produit intérieur brut (PIB). Les dettes privées (principalement celles des entreprises) s'adjugent 200% du PIB ; le solde est constitué de dettes publiques qui restent tolérables. À titre de comparaison: la dette publique de la zone euro est proche de 95%, contre 105% pour celle des États-Unis. Croissance molle et dettes lourdes sont un cocktail dangereux. Danser, oui, mais gare aux lendemains difficiles...