La baisse du cours du pétrole se poursuit inexorablement. Sous l'impulsion de l'Arabie Saoudite, l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne cède pas à la pression et refuse d'abaisser le plafond de production de 30 millions de barils par jour. D'autres producteurs continuent également de pomper du pétrole sans faiblir. Goldman Sachs n'attend plus rien de ce côté pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. L'institution compte plutôt - pour la fin de l'année - sur un ralentissement de la croissance de la production de gaz et de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Entre-temps, l'inquiétude gagne un nombre croissant de pays producteurs de pétrole, dont les budgets sont généralement basés sur des cours du pétrole (beaucoup) plus élevés. Un pays dont on parle beaucoup moins, mais qui affiche égaleme...

La baisse du cours du pétrole se poursuit inexorablement. Sous l'impulsion de l'Arabie Saoudite, l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne cède pas à la pression et refuse d'abaisser le plafond de production de 30 millions de barils par jour. D'autres producteurs continuent également de pomper du pétrole sans faiblir. Goldman Sachs n'attend plus rien de ce côté pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. L'institution compte plutôt - pour la fin de l'année - sur un ralentissement de la croissance de la production de gaz et de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Entre-temps, l'inquiétude gagne un nombre croissant de pays producteurs de pétrole, dont les budgets sont généralement basés sur des cours du pétrole (beaucoup) plus élevés. Un pays dont on parle beaucoup moins, mais qui affiche également une forte exposition à l'industrie pétrolière, est la Norvège. Ces dernières décennies, le pays s'est constitué une énorme richesse grâce à ses revenus pétroliers. La forte baisse du cours de pétrole n'a pas seulement plongé le secteur dans la crise : il a également touché de plein fouet la couronne norvégienne (NOK). Depuis l'été, la NOK a ainsi perdu 12% par rapport à l'EUR, et même à 29% par rapport à l'USD. La perspective du redressement nécessaire du cours du pétrole à terme et du rebond de la NOK qui doit logiquement l'accompagner nous pousse à nous intéresser à nouveau au holding norvégien Aker ASA. Son principal actionnaire (67%) Kjell Inge Roekke a en tout cas confirmé qu'il comptait examiner toutes les opportunités que pourrait créer le malaise actuel. Pour l'instant, la valeur nette d'inventaire (VNI) d'Aker ASA s'établit à 219 NOK par action - en recul de 34,5% depuis fin juin 2014 -, ce qui représente une décote de 32%. Fin septembre, les participations liées à l'industrie pétrolière et gazière prenaient à leur compte un peu plus de la moitié de la valeur brute de l'actif (29 milliards NOK). De nouveaux mouvements sont intervenus dans ces participations l'an dernier, avec la scission de Aker Solutions entre Aker Solutions - nouvelle société, activités offshore et en haute mer; 20% de la VNI - et Akastor - autres activités, principalement technologies de forage; 11% de la VNI. Il faut également mentionner une importante acquisition : Det Norske (20% de la VNI) a racheté les activités pétrolières en Norvège du groupe américain Marathon Oil Corp pour 2,7 millions USD. Cette entreprise d'exploration est ainsi devenue d'un coup un producteur de pétrole à part entière, avec une production journalière de 60.000 barils. L'entreprise a procédé à une augmentation de capital de 500 millions USD, entièrement souscrite par Aker ASA (à concurrence de sa participation de 50%). Avec en outre une facilité de crédit de 2,6 milliards USD, Det Norske semblait parée pour conserver sa participation dans Sverdrup - la plus grande découverte de pétrole dans les eaux norvégiennes depuis 1974; première production attendue fin 2019. L'effondrement du cours du pétrole pourrait cependant imposer un financement complémentaire. En tout cas, Kjell Inge Roekke croit beaucoup dans Det Norske, notamment en raison du potentiel gigantesque de Sverdrup. Côté Kvaerner (5% de la NVI, plus petite participation liée au pétrole), on semble plutôt se diriger vers une vente de la participation de 28,7%. Kvaerner examine actuellement toutes les options stratégiques. Les autres participations industrielles sont Ocean Yield (navigation maritime; 27% de la VNI), Havfisk (pêche; 7%) et l'entreprise non cotée en Bourse Aker BioMarine (pêche de krill; 11%). La valeur de ses participations n'était pas sous pression. ConclusionNous avons confiance en la capacité de l'actionnaire principal Kjell IngeRoekke à sortir Aker ASA non seulement indemne, mais aussi renforcée de cette crise. A moyen terme (12 à 24 mois), nous misons sur un rebond substantiel de l'action dans le sillage d'un double redressement du cours du pétrole et de la couronne norvégienne. Nous recherchons actuellement une fenêtre d'entrée pour intégrer l'action dans le portefeuille modèle. Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A