Nous suivons le holding norvégien Aker ASA depuis très longtemps. Nous le considérons comme un véhicule d'investissement dans le secteur de l'énergie. Au plus fort de la crise du secteur pétrolier et gazier (2015-2016), son actionnaire de référence, Kjell Inge Roekke (qui détient 67% des actions) n'a pas ménagé sa peine pour accroître la valeur du holding. Outre une scission (entreprises de services pétroliers Aker Solutions et Akastor), des investissements et a...

Nous suivons le holding norvégien Aker ASA depuis très longtemps. Nous le considérons comme un véhicule d'investissement dans le secteur de l'énergie. Au plus fort de la crise du secteur pétrolier et gazier (2015-2016), son actionnaire de référence, Kjell Inge Roekke (qui détient 67% des actions) n'a pas ménagé sa peine pour accroître la valeur du holding. Outre une scission (entreprises de services pétroliers Aker Solutions et Akastor), des investissements et acquisitions ont été réalisés. La compagnie pétrolière Det Norske a été rebaptisée Aker BP. Ces opérations on été financées grâce au produit de la cession d'immeubles et de participations. La valeur totale des participations industrielles du holding a plus que triplé entre la fin de 2015 et le 30 juin 2018, à 61,2 milliards de couronnes norvégiennes (NOK). Avec Aker BP, le holding a touché le jackpot: la valeur de cette participation a explosé, de 5,6 à 43,3 milliards NOK, après deux augmentations de capital, entre autres. La part d'Aker BP dans les participations industrielles a bondi de 27,7 à 70,8%. Après Aker BP, les deux autres participations principales d'Aker ASA sont Ocean Yield (sept milliards NOK; 11,4% des participations industrielles) et Aker Solutions (5,4 milliards NOK; 8,8%). C'est en revanche depuis le début de 2017 que nous suivons de près Aker BP. Nous conserverions les positions existantes dans l'action car les perspectives restent très positives: sur la base de sa seule croissance organique, un doublement de la production journalière est attendu en 2023, à 330.000 barils. Il sera toutefois indispensable que le champ pétrolier Johan Sverdrup soit mis en exploitation fin 2019, conformément au calendrier. Vu l'ascension récente du cours, nous ne vous recommanderions le titre à l'achat que sur repli. S'agissant d'Aker ASA, dont le cours est certes proche d'un sommet, c'est davantage la nette baisse de la décote par rapport à la valeur intrinsèque qui attire notre attention. Si fin 2015, la décote avait atteint un niveau historiquement élevé de 42%, fin 2017 elle était retombée à 28% et elle ne s'établit plus qu'à 12%. C'est pourquoi, même si nous ne doutons pas que ce holding puisse créer de la valeur à long terme, nous vous conseillons, pour l'heure, de réduire (d'au moins 75%) votre position dans Aker ASA (rating 3A).