Les temps sont durs pour les actionnaires des compagnies aériennes, et surtout pour AirFrance-KLM. La compagnie franco-néerlandaise est sans PDG depuis la démission de Jean-Marc Janaillac en mai dernier, lorsque les syndicats français ont refusé les propositions salariales de la direction. Les rumeurs sur sa succession, qui devrait être annoncée fin août, vont bon train: recrutement hors d'Europe, nomination de Pieter Elbe...

Les temps sont durs pour les actionnaires des compagnies aériennes, et surtout pour AirFrance-KLM. La compagnie franco-néerlandaise est sans PDG depuis la démission de Jean-Marc Janaillac en mai dernier, lorsque les syndicats français ont refusé les propositions salariales de la direction. Les rumeurs sur sa succession, qui devrait être annoncée fin août, vont bon train: recrutement hors d'Europe, nomination de Pieter Elbers, le patron de KLM... A 345 millions d'euros au premier semestre, le bénéfice opérationnel (Ebit) de la compagnie a nettement dépassé le consensus (247 millions d'euros), même s'il recule de 41% sur un an. Le chiffre d'affaires (12,43 milliards d'euros) est en très légère hausse (+0,8%) sur la même période. La division française ayant connu un semestre agité (12 jours de grève), 90% environ du résultat provient de KLM. Le segment moyen-courrier premium, où la compagnie dispose d'un fort pouvoir de fixation des prix, s'est distingué. Les résultats ont été accueillis avec enthousiasme. Mais quel que soit le nouveau directeur, le groupe et le secteur font face à des défis de taille. Sur le court-courrier, la concurrence fait rage avec les compagnies à bas coût, même si la poursuite du conflit chez Ryanair pourrait offrir des opportunités. Sur les segments moyen et long-courrier premium, les compagnies du Moyen-Orient et d'Asie, comme Qatar Airways, taillent des croupières aux compagnies européennes, plombées par leurs coûts élevés. AirFrance-KLM ne sera pas un bon investissement à long terme avant longtemps, mais l'action présente une valorisation extrêmement faible, à 6,5 fois le bénéfice attendu pour 2018, 1,1 fois la valeur comptable et un rapport valeur d'entreprise/Ebitda d'à peine 3. Nous recommandions donc depuis un certain temps de vendre le titre, mais la baisse de moitié de son cours en quelques mois, la dynamique positive que devrait apporter la nomination du PDG et la valorisation extrêmement basse pourraient, ces prochains mois, offrir des opportunités aux investisseurs conscients des risques. Nous relevons donc (temporairement) la recommandation à "acheter" (1C).