Le secteur aéronautique classique semble avoir été confronté aux sept plaies d'Egypte ces dernières années. Citons entre autres la récession et la reprise économique difficile depuis, le nuage de cendres émis par le volcan islandais Eyjafjallajökull, les attentats qui ont accru les coûts liés à la sécurité, la concurrence des sociétés low-cost, les grèves, le virus Ebola, etc. AirFrance-KLM est le holding qui résulte de la fusion de la compagnie aérienne française AirFrance et de son pendant néerlandais KLM en automne 2003. Il inclut encore une série de sociétés régionales et low-cost, dont Transavia, et une foule de participations dans des compagnies aériennes. Le combo franco-néerlandais basé à l'aéroport de Roissy-Charles de Gau...

Le secteur aéronautique classique semble avoir été confronté aux sept plaies d'Egypte ces dernières années. Citons entre autres la récession et la reprise économique difficile depuis, le nuage de cendres émis par le volcan islandais Eyjafjallajökull, les attentats qui ont accru les coûts liés à la sécurité, la concurrence des sociétés low-cost, les grèves, le virus Ebola, etc. AirFrance-KLM est le holding qui résulte de la fusion de la compagnie aérienne française AirFrance et de son pendant néerlandais KLM en automne 2003. Il inclut encore une série de sociétés régionales et low-cost, dont Transavia, et une foule de participations dans des compagnies aériennes. Le combo franco-néerlandais basé à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle Airport près de Paris est la première compagnie aérienne mondiale, avec un chiffre d'affaires (CA) annuel proche de 25 milliards EUR et plus de 57 millions de passagers transportés chaque année. Mais ce CA stagne depuis de nombreuses années. Par ailleurs, être le plus grand n'implique pas d'être le meilleur ou le plus rentable. Au contraire : ces dernières années ont été marquées par des résultats faibles, sans bénéfice net. Ce qui explique également l'incapacité de l'action à séduire analystes et investisseurs. Le titre s'échange toujours à proximité du cours qui s'affichait sur les tables de cotation à l'annonce de la fusion, il y a plus de 11 ans, et le dernier dividende perçu par les actionnaires date déjà de l'été... 2008. L'action a perdu un tiers de sa valeur ces cinq dernières années, alors que l'indice CAC40 gagnait près de 40% et l'AEX, plus de 50%. Pourtant, l'espoir de meilleures performances boursières est aujourd'hui réel. En cause : l'affaiblissement de l'EUR, et plus encore la chute libre des prix de l'énergie, bien entendu. Même si la facture de carburant est couverte à 55% pour 2015, la baisse du pétrole pourrait permettre à la compagnie de faire environ 1,5 milliard EUR d'économies sur ses coûts de carburant et d'enregistrer à nouveau un bénéfice net. Cela ne signifie pas pour autant que 2015 sera une année tranquille pour les compagnies aériennes classiques. Les compagnies low-cost continuent à peser sur les prix des tickets, surtout pour les (plus) courtes distances. Et malheureusement pour les compagnies aériennes classiques, elles semblent de plus en plus s'intéresser aux clients d'affaires. Il y a aussi l'arrivée des compagnies asiatiques, et surtout du Moyen-Orient (Emirates, Ethihad...), qui intensifient la concurrence sur les vols long-courriers vers l'Asie. Enfin, nous ne pouvons ignorer la charge de dettes importante, combinée à une rentabilité réduite. Le 30 septembre, la dette s'élevait à 5,3 milliards EUR, soit 3,2 fois les cash-flows opérationnels (EBITDA). Ce qui suppose également des remboursements annuels élevés au cours des années à venir. Vu le caractère très cyclique de l'activité, la concurrence intense, la charge de dette élevée, nous ne voyons pas AirFrance-KLM comme une action pour le long terme, mais plutôt comme un candidat à une opération de trading pour les six à douze prochains mois en raison de sa valorisation très basse - le ratio valeur d'entreprise (EV)/ EBITDA n'excède pas 4.ConclusionNous relevons (temporairement) le rating d'AirFrance-KLM en raison du double coup de pouce apporté par l'appréciation du dollar et surtout la baisse des cours du pétrole. Pour souligner le risque supérieur à la moyenne, nous l'assortissons cependant d'un rating "C", risque élevé. Mais cela n'empêche pas l'action de prendre place en Sélection compte tenu de sa capacité à battre les indices dans un mouvement de rattrapage cette année.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C