Il est incontestable que la décision du tribunal d'Amsterdam est une grosse déception pour le groupe d'assurances belge. Le tribunal n'a pas déclaré contraignant le règlement qu'Ageas, l'héritier juridique de Fortis, avait conclu en mars 2016 avec plusieurs groupes de défense des intérêts des anciens actionnaires Fortis. Le règlement en question prévoyait une compensation de 1,2 milliard d'euros à répartir entre les actionnaires ayant introduit une demande. Le montant dépendait cependant de deux éléments. D'une part, la période durant laquelle l'investisseur avait détenu ou acheté des actions, car trois périodes spécifi...

Il est incontestable que la décision du tribunal d'Amsterdam est une grosse déception pour le groupe d'assurances belge. Le tribunal n'a pas déclaré contraignant le règlement qu'Ageas, l'héritier juridique de Fortis, avait conclu en mars 2016 avec plusieurs groupes de défense des intérêts des anciens actionnaires Fortis. Le règlement en question prévoyait une compensation de 1,2 milliard d'euros à répartir entre les actionnaires ayant introduit une demande. Le montant dépendait cependant de deux éléments. D'une part, la période durant laquelle l'investisseur avait détenu ou acheté des actions, car trois périodes spécifiques ont été définies, chacune avec des compensations différentes. D'autre part, une distinction était établie entre les actionnaires qui avaient introduit une demande de dédommagement (pour lesquels une compensation plus élevée était prévue) et ceux qui ne l'avaient pas fait (compensation plus faible). Mais le juge a balayé cette construction de la table en raison du traitement inégal des actionnaires qu'elle induisait. En outre, le juge a estimé que la compensation convenue pour les associations de défense d'intérêts dans le cadre du règlement (45 millions d'euros au total) était trop élevée. Si l'action n'y a que modérément réagi, c'est parce que le montant total (1,2 milliard d'euros) de la compensation n'a pas été remis en cause. Le juge donne quatre mois aux parties pour introduire une nouvelle proposition. Vont-elles y parvenir ? Car les groupes concernés - Deminor, Stichting investor claims against Fortis (Sicaf), l'association d'investisseurs néerlandais VEB et la Stichting FortisEffect - doivent accepter une réduction de l'indemnité de leurs propres clients, mais aussi de celle qui leur est promise. De plus, en l'absence de règlement, ils devraient à nouveau engager de longues procédures, sans perspective d'une indemnité plus élevée. Le pire scénario imaginable pour toutes les parties impliquées. Les résultats récents du groupe ont par ailleurs déçu, notamment en raison de problèmes au Royaume-Uni. Ageas n'a pas non plus convaincu à la Journée des Investisseurs de début juin. Ce qui soulève des doutes concernant la soutenabilité du dividende compte tenu des cash-flows libres et des nouvelles règles capitalistiques de Solvabilité II. Les activités internationales devraient cependant continuer à générer de la croissance au cours des années à venir. L'action ne va probablement pas se distinguer énormément au cours des mois à venir, mais elle reste digne d'achat (1B) sur la base d'une valorisation attrayante, du potentiel de croissance du groupe en Asie et de la qualité de l'équipe dirigeante, très soucieuse des intérêts des actionnaires.