Les entreprises qui contribuent à une économie zéro carbone agissent désormais comme de véritables aimants pour les investisseurs. Entre mars 2020 et janvier 2021, le cours de l'action Vestas Wind Systems, leader mondial de la production d'éoliennes terrestres, a été multiplié par trois, alors même que les bénéfices reculaient. Le titre a beau avoir corrigé ces derniers mois, il reste extrêmement onéreux. Dilemme: faut-il se faire à cette idée, parce que l'entreprise est prometteuse et que la ruée vers les actions durables n'en est probablement qu'à ses débuts, ou attendre, en espérant un retour à des niveaux plus raisonnables et un meilleur moment pour investir?
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Les entreprises qui contribuent à une économie zéro carbone agissent désormais comme de véritables aimants pour les investisseurs. Entre mars 2020 et janvier 2021, le cours de l'action Vestas Wind Systems, leader mondial de la production d'éoliennes terrestres, a été multiplié par trois, alors même que les bénéfices reculaient. Le titre a beau avoir corrigé ces derniers mois, il reste extrêmement onéreux. Dilemme: faut-il se faire à cette idée, parce que l'entreprise est prometteuse et que la ruée vers les actions durables n'en est probablement qu'à ses débuts, ou attendre, en espérant un retour à des niveaux plus raisonnables et un meilleur moment pour investir? Pour une action de qualité comme celle de Vestas, qui peut se prévaloir de perspectives à long terme favorables, les corrections constituent généralement des opportunités d'achat. De toute façon, plus on attend, plus les chances de voir le cours baisser s'amenuisent. Reste que vu sa valorisation actuelle, le titre pourrait très bien subir une nouvelle correction. L'entreprise danoise a achevé l'exercice 2020 sur un bénéfice opérationnel récurrent de 750 millions d'euros... censé justifier 34 milliards d'euros de capitalisation boursière. Cela pose question, d'autant que ce même bénéfice opérationnel a chuté d'un quart l'an dernier, en raison de la hausse des dépenses d'installation et de l'augmentation des provisions, elle-même due au fait qu'une série d'éoliennes ont échoué à fournir les rendements garantis. La marge bénéficiaire dégagée sur l'installation d'éoliennes est tombée à un insignifiant 3,1%. Mais le plancher semble avoir été atteint: après des années de baisse, les prix des nouvelles installations se sont stabilisés, et le secteur est suffisamment consolidé pour que l'on puisse qualifier l'environnement concurrentiel de stable, estime la direction.Si la rentabilité des ventes fluctue, le pôle maintenance est particulièrement rentable et dégage des marges stables (marge de 27% l'an passé). Cette activité, à laquelle l'entreprise doit la majeure partie de ses bénéfices, soutient le bénéfice opérationnel. Vestas mise pour cette année sur une marge bénéficiaire totale de 6%-8% (5,1%, l'année dernière); à plus long terme, elle pense pouvoir dégager 10% de marge. Le carnet de commandes affiche un montant record de 43 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires a bondi de 22%, à 14,8 milliards d'euros, en 2020, et devrait atteindre 16-17 milliards cette année. Une tendance qui devrait persister: l'entreprise estime que la demande d'énergie éolienne va augmenter de 8% par an d'ici à 2030, et espère en profiter pour accroître sa part de marché. L'éolien terrestre est désormais à peu près partout moins cher que l'énergie fossile. A plus long terme, le marché offshore, plus jeune, devrait assurer une croissance supplémentaire. Vestas a racheté en 2020 à son partenaire Mitsubishi Heavy Industries les parts qu'il possédait dans leur co-entreprise de construction d'éoliennes marines; elle planifie à présent plusieurs années d'investissements, qui lui permettront de rentabiliser ce nouveau pôle de croissance à partir de 2025.L'incroyable attrait exercé par les investissements durables a propulsé l'action à des niveaux stratosphériques. Même après la récente correction, le titre demeure onéreux. Il est certes prometteur mais aujourd'hui, il coûte 40 fois les bénéfices escomptés pour 2021, ce qui est énorme. L'investisseur qui le détient fera bien de le conserver; aux autres, nous recommandons d'attendre un moment plus propice. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 164 eurosTicker: VWSCode ISIN: DU300609Marché: XetraCapit. boursière: 34 milliards EURC/B 2020: 50C/B attendu 2021: 40Perf. cours sur 12 mois: +101%Perf. cours depuis le 01/01: -17%Rendement du dividende: 0,7%