Les résultats assez décevants sur lesquels le fabricant danois d'éoliennes achève le semestre n'émeuvent pas outre mesure les investisseurs.
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Les résultats assez décevants sur lesquels le fabricant danois d'éoliennes achève le semestre n'émeuvent pas outre mesure les investisseurs.L'avenir appartient aux entreprises qui proposent des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'investisseur regardant généralement devant lui, ce futur rose - ou plutôt, vert - se reflète souvent précocement dans le cours des actions. C'est le cas chez Vestas, dont les semestriels plutôt médiocres ne semblent effrayer personne. Le cours de son titre a tellement augmenté ces derniers mois que les valorisations sont désormais très tendues: l'investisseur paie 40 fois le bénéfice escompté pour l'exercice 2020, alors que la croissance bénéficiaire piétine depuis plusieurs années. C'est beaucoup, donc, mais l'argent va aujourd'hui aux entreprises qui appliquent les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Les énergies renouvelables vont gagner en importance à mesure que la lutte contre les changements climatiques s'intensifiera, or Vestas est numéro 1 mondial dans le segment de la production et de la maintenance des éoliennes terrestres. Selon la direction, les énergies renouvelables sont actuellement, sur les deux tiers de la planète, moins chères que les combustibles fossiles.Les vents ont pourtant été contraires au premier semestre. Entre avril et juin, le bénéfice opérationnel est tombé à 34 millions d'euros, contre 128 millions un an plus tôt. La marge bénéficiaire est, elle, restée stable, à 1%. Cette faible rentabilité est due à un phénomène non récurrent: l'entreprise a dû réparer ou remplacer des pales sous garantie, ce qui lui a coûté 175 millions d'euros. Elle précise que le problème ne concerne que des éoliennes déjà installées, pas la production actuelle ou future. Pour le reste de l'année, le coût de cette garantie serait limité à 3,1% du chiffre d'affaires. Sans cette charge exceptionnelle, la marge bénéficiaire se serait élevée à 5,9%, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes également. La crise sanitaire a évidemment compliqué davantage encore la logistique, déjà difficile et coûteuse, qui entoure les installations; les dépenses d'amortissement sont de surcroît orientées à la hausse. Tout cela n'empêche pas la direction de se montrer confiante et d'annoncer une fin d'exercice dans le vert. Elle vise un chiffre d'affaires de 14 à 15 milliards d'euros, pour une marge bénéficiaire qui ne tournerait plus qu'autour de 5% à 7%. Ces prévisions sont réalistes, car le carnet de commandes demeure très fourni et après s'être tassés pendant plusieurs années, les prix des nouveaux projets se stabilisent. En outre, l'autre pôle d'activité majeur qu'est la maintenance des éoliennes soutient le chiffre d'affaires dans une mesure de plus en plus importante et prévisible. La marge bénéficiaire de cette activité s'est établie à 27,4% au premier semestre, ce qui représente un bénéfice opérationnel de 268 millions d'euros. Les contrats de maintenance vont assurer pour 18,9 milliards d'euros de revenus futurs, soit, si la marge se maintient, un bénéfice de plus de 5 milliards d'euros.Faisant fi des problèmes opérationnels et de l'érosion des marges bénéficiaires qui en découle, les investisseurs privilégient les entreprises capables de donner corps à la transition climatique. Compte tenu des perspectives à long terme, l'action Vestas peut être conservée, mais qui ne la détient pas encore fera mieux d'attendre des fenêtres d'entrée plus intéressantes. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 128 eurosTicker: VWSCode ISIN: DU300609Marché: XetraCapit. boursière: 25 milliards EURC/B 2019: 19C/B attendu 2020: 40Perf. cours sur 12 mois: +72%Perf. cours depuis le 01/01: +43%Rendement du dividende: 0,8%