La traversée du désert n'est pas terminée pour les actionnaires du producteur de lingerie Van de Velde. La direction n'en fait pas mystère: 2019 sera une autre année de transition. Le groupe belge a pris beaucoup trop tard le train du numérique et n'a pas su s'adapter à l'évolution du comportement d'achat de la clientèle. Rattraper le temps perdu coûte extrêmement cher, alors que les ventes stagnent. Au premier semestre de l'exercice, les cash-flows opérationnels ont cédé 21,5% et le bénéfice net a dégringolé de 25%. L'entreprise pronostique une légère baisse du chiffre d'affaires et une véritable chute du bénéfice sur l'ensemble de 2018. La transformation coûtera cher en 2019 également, or les ventes ne sont pas près de s'accélérer.
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La traversée du désert n'est pas terminée pour les actionnaires du producteur de lingerie Van de Velde. La direction n'en fait pas mystère: 2019 sera une autre année de transition. Le groupe belge a pris beaucoup trop tard le train du numérique et n'a pas su s'adapter à l'évolution du comportement d'achat de la clientèle. Rattraper le temps perdu coûte extrêmement cher, alors que les ventes stagnent. Au premier semestre de l'exercice, les cash-flows opérationnels ont cédé 21,5% et le bénéfice net a dégringolé de 25%. L'entreprise pronostique une légère baisse du chiffre d'affaires et une véritable chute du bénéfice sur l'ensemble de 2018. La transformation coûtera cher en 2019 également, or les ventes ne sont pas près de s'accélérer. Les 5.000 points de vente occupent une place centrale dans la nouvelle approche du groupe. Le marketing en ligne aidera par exemple les boutiques à conserver, voire à récupérer, des clients. Les boutiques pourront commander par Internet. "Nous sommes les seuls à proposer ce service", annonce le CEO, Erwin Van Laethem. Mais la transformation numérique exige l'installation de nouveaux systèmes et le recours à une consultance externe extrêmement onéreuse. L'entreprise ne pourra acquérir la souplesse dont elle a besoin qu'en réduisant le nombre de produits et en simplifiant ses processus de production. Elle a donc fort à faire pour satisfaire ses nouveaux clients et renouer avec la croissance. L'extrême solidité de son bilan lui permet heureusement de disposer du temps et des ressources nécessaires.Reste que le marché est tout sauf favorable. La baisse de la fréquentation des rues commerçantes et l'évolution des comportements en boutique ont coûté à l'entreprise 2% de chiffre d'affaires au premier semestre. Les ventes d'hiver ayant déçu, les détaillants ont réduit leurs achats pour la saison suivante. Le lancement réussi de la collection de maillots de bain Marie Jo Swim a toutefois permis d'éviter le pire. L'entreprise redresse légèrement la barre depuis mai, mais la concurrence demeure insoutenable, déplore la direction. Dans le commerce de gros, où Van de Velde livre à des boutiques spécialisées, le chiffre d'affaires à périmètre comparable a reculé de 2,9%, alors qu'il a progressé de 0,6% dans les boutiques exploitées par le groupe. L'érosion des marges dans l'activité commerce de gros, qui assure la majeure partie du bénéfice, est au moins aussi inquiétante. Combiné à l'augmentation des dépenses de marketing, ce recul a coûté 6,2 millions d'euros de cash-flows opérationnels à périmètre comparable. Van de Velde réagit en augmentant légèrement ses prix pour 2019; la stratégie peut se défendre, mais reste risquée, dans un environnement concurrentiel. L'entreprise table sur la qualité de ses produits. Dans l'activité de détail, le bénéfice a légèrement progressé grâce à la stabilité des ventes, au relèvement des marges et au strict contrôle des coûts. " La nouvelle approche commence tout doucement à porter ses fruits ", se réjouit la direction.La stagnation des ventes, l'érosion des marges et l'augmentation des investissements pèsent lourdement sur la rentabilité et le titre. Un redressement rapide n'est pas envisageable mais avec un rapport cours/bénéfice tombé à 15, le marché ne tient plus compte de cette réserve. Les premiers résultats de l'indispensable transformation ne se manifesteront pas avant 2019; d'ici-là, nous recommandons toujours d'attendre. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 27,6 eurosTicker : VAN:BBCode ISIN : BE0003839561Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 376 millions EURC/B 2017 : 18C/B attendu 2018 : 15Perf. cours sur 12 mois : -35%Perf. cours depuis le 01/01 : -37%Rendement du dividende : 2,5%