Depuis son entrée à la cote (IPO) à l'automne dernier, Universal Music Group (UMG) n'a pas encore réalisé de prouesse en Bourse. En termes de résultats, toutefois, les promesses ont été tenues, tant en 2021 qu'au premier trimestre de 2022.
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Depuis son entrée à la cote (IPO) à l'automne dernier, Universal Music Group (UMG) n'a pas encore réalisé de prouesse en Bourse. En termes de résultats, toutefois, les promesses ont été tenues, tant en 2021 qu'au premier trimestre de 2022.Le leader mondial incontesté de l'industrie musicale affiche un parcours fascinant. Le groupe est en effet le seul à avoir réussi à signer un contrat avec tous les musiciens du Top 10 du Billboard Top 100. D'ABBA à The Weeknd (photo), en passant par Les Beatles, Elton John, Justin Bieber, Lady Gaga ou encore Taylor Swift, il détient les droits des artistes les plus célèbres et regroupe aussi les plus grandes maisons de disques: Universal Music, EMI, Abbey Road Records, Virgin Music...Le patron d'UMG, Sir Lucian Grainge, s'était montré visionnaire en rachetant son concurrent EMI il y a une dizaine d'années, alors que les ventes mondiales de musique avaient fondu (de 23,6 milliards de dollars en 2001 à 14 milliards de dollars en 2014), les mélomanes ayant découvert qu'ils pouvaient télécharger gratuitement leurs titres en ligne. Car entre 2015 et 2021, le chiffre d'affaires (CA) du groupe a connu une progression ininterrompue. L'an dernier, les ventes physiques chez les quelques disquaires subsistant aux Etats-Unis ont même augmenté pour la première fois depuis 1996; le vinyle a de nouveau la cote.Le modèle du secteur a été bouleversé par les services de streaming comme Spotify ou Apple Music: aux revenus ponctuels (acquis lors de l'achat du CD) a succédé un flux continu de revenus de streaming. En 2021, 62% des revenus de l'ensemble de l'industrie musicale (soit à peu près la totalité des revenus de 2014) provenaient du streaming; chez UMG, c'est même environ 70%. Or, les experts estiment que le streaming, qui compte actuellement quelques centaines de millions d'abonnés, recèle encore un potentiel de croissance considérable, étant donné la taille de la population mondiale et son intérêt pour la musique (pop, surtout). S'ajoutent à cette manne les revenus tirés des clips musicaux sur YouTube et TikTok.Cette perspective de flux de revenus stables et constants séduit les investisseurs, qui voient dans les droits musicaux une nouvelle poule aux oeufs d'or. Récemment, de grands fonds d'investissement (KKR, Blackstone et, dernier en date, Pimco) ont d'ailleurs racheté les droits d'artistes majeurs (Bruce Springsteen, Bob Dylan...).Au premier trimestre de 2022, le CA d'UMG a progressé de 21,6% en glissement annuel, à 2,199 milliards d'euros, dépassant de 4,5% le consensus (2,104 milliards d'euros). Le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté a surclassé le consensus de 2%, avec une hausse de 14,9% entre janvier et mars (de 396 à 455 millions d'euros, contre 446 millions attendus). La marge d'Ebitda s'est toutefois contractée, de 21,9 à 20,7%. L'absence de prévisions pour 2022 a déçu.Nous avions lancé le suivi actif d'UMG début 2022, peu après son introduction en Bourse, et avions même inclus le titre dans le portefeuille modèle, dans la mesure où il nous paraissait susceptible de compter parmi les plus beaux récits de croissance en Europe. Le titre devrait se remettre de la dégringolade qui a suivi l'IPO et pourrait bien devenir la coqueluche des marchés boursiers, au vu de la marge d'Ebitda (supérieure à 20%) et du cash-flow disponible (qui représente 10% du CA) . Dans cette perspective, la valorisation est acceptable, à 17 fois le rapport attendu entre la valeur de l'entreprise (EV) et l'Ebitda. Nous tablons sur un redressement du cours en 2022.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 20,52 eurosTicker: UMG NACode ISIN: NL0015000IY2Marché: AmsterdamCapit. boursière: 37,12 milliards EURC/B 2021: 35C/B attendu 2022: 23,5Perf. cours depuis l'IPO: -18%Perf. cours depuis le 01/01: -15%Rendement du dividende: 1,2%