Aussi gravement que la crise sanitaire ait pu frapper les entreprises industrielles au premier semestre, 2020 ne sera pas une année perdue pour Bekaert. Les ventes de voitures et de pneus ont beau s'être effondrées, plombant chiffre d'affaires et rentabilité de la division Renforcement du caoutchouc (la plus grande du groupe), la direction a annoncé, fin novembre, qu'elle pensait pouvoir dégager un bénéfice opérationnel sous-jacent à peu près identique à celui de l'an passé. La surprise manifestée par les investisseurs montre que le marché sous-estime toujours l'amélioration de la rentabilité sous-jacente de l'entreprise belge.
...

Aussi gravement que la crise sanitaire ait pu frapper les entreprises industrielles au premier semestre, 2020 ne sera pas une année perdue pour Bekaert. Les ventes de voitures et de pneus ont beau s'être effondrées, plombant chiffre d'affaires et rentabilité de la division Renforcement du caoutchouc (la plus grande du groupe), la direction a annoncé, fin novembre, qu'elle pensait pouvoir dégager un bénéfice opérationnel sous-jacent à peu près identique à celui de l'an passé. La surprise manifestée par les investisseurs montre que le marché sous-estime toujours l'amélioration de la rentabilité sous-jacente de l'entreprise belge.L'embellie était pourtant prévisible. Malgré une chute de 20% du chiffre d'affaires, la marge bénéficiaire a relativement bien résisté au premier semestre. Bekaert récolte les fruits d'une politique précédemment adoptée, très axée sur l'efficacité et sur les produits à forte valeur ajoutée, qui lui procure un pouvoir de fixation des prix accru. En réponse à la crise sanitaire, le groupe a réalisé pour 70 millions d'euros d'économies de coûts supplémentaires, dont 20% demeureront récurrentes. Malgré le contexte, il a donc réussi à protéger sa marge bénéficiaire. Alors que l'amélioration de la rentabilité sous-jacente s'était faite, sur fond de déclin des ventes consécutif à la crise, peu visible, elle éclate aujourd'hui - un peu plus tôt que prévu, même - au grand jour, grâce à la reprise du chiffre d'affaires. Si la marge sur le bénéfice opérationnel sous-jacent parvenait à franchir la barre des 7,5% au second semestre, l'entreprise dépasserait à nouveau, après plusieurs années difficiles, son propre objectif, fixé à 7%.Selon la direction, l'été a marqué un tournant sur la plupart des marchés. Le troisième trimestre s'est achevé sur un bond de 24% du chiffre d'affaires par rapport à un deuxième trimestre certes en berne. En glissement annuel, les dégâts sont quasiment réparés, puisque l'écart, au niveau des volumes de vente, n'est plus que de 2%. La direction évoque une reprise de l'activité pneus et une évolution positive du chiffre d'affaires sur la plupart des marchés. La Chine, en particulier, a entamé sa sortie de crise et commencé à se redresser. La demande d'applications de fil d'acier repart elle aussi, quoique difficilement; en revanche, l'augmentation du chiffre d'affaires en Amérique latine est partiellement contrebalancée par des cours de change défavorables.Compte tenu du contexte, la direction s'abstient de se prononcer pour l'intégralité de l'exercice, mais l'accélération des ventes exerçant un effet de levier sur la rentabilité, le bénéfice opérationnel pourrait avoisiner les 240 millions d'euros. Le groupe continue à réduire son taux d'endettement; grâce, en partie, à la génération de cash-flows disponibles, sa dette nette est passée de 2,5 fois à 2 fois le cash-flow opérationnel, un chiffre qu'il voudrait voir tomber à 1,5. Il n'en serait que plus résilient financièrement.Les investisseurs ont applaudi à l'annonce des bénéfices prévisionnels; le cours, fortement affecté au printemps, est dès lors reparti à la hausse. Vu le rapport cours/bénéfice de 12 toutefois, il est clair que les marchés n'apprécient pas encore à leur juste valeur les efforts consentis par le groupe depuis plusieurs années. Les incertitudes liées au Covid-19 demeurent nombreuses, mais toute nouvelle hausse du chiffre d'affaires contribuera à l'amélioration des marges et donc, du résultat. Nous maintenons par conséquent notre recommandation d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 25,8 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,57 milliard EURC/B 2019: 11C/B attendu 2020: 12Perf. cours sur 12 mois: +7%Perf. cours depuis le 01/01: -2%Rendement du dividende: 1,13%