Les premier et quatrième trimestres sont traditionnellement les plus rentables pour les entreprises du secteur: l'accélération de la demande de pétrole pendant l'hiver dans l'hémisphère Nord engendre en effet une augmentation des tarifs de location journaliers des pétroliers. Ce paramètre fut cependant bien moins déterminant au quatrième trimestre de 2017, à cause de la surcapacité d'une part, et de la limitation de la production à laquelle se sont astreints la plupart des pays producteurs d'autre part. La flotte mondiale, d'environ 1.250 pétroliers, a augmenté l'an dernier de 70 navires, grâce à la livraison de 50 nouveaux VLCC (Very Large Crude Carriers, d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) et de 50 Suezmax, des bâtimen...

Les premier et quatrième trimestres sont traditionnellement les plus rentables pour les entreprises du secteur: l'accélération de la demande de pétrole pendant l'hiver dans l'hémisphère Nord engendre en effet une augmentation des tarifs de location journaliers des pétroliers. Ce paramètre fut cependant bien moins déterminant au quatrième trimestre de 2017, à cause de la surcapacité d'une part, et de la limitation de la production à laquelle se sont astreints la plupart des pays producteurs d'autre part. La flotte mondiale, d'environ 1.250 pétroliers, a augmenté l'an dernier de 70 navires, grâce à la livraison de 50 nouveaux VLCC (Very Large Crude Carriers, d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) et de 50 Suezmax, des bâtiments de plus petite taille, et déduction faite de 30 bâtiments anciens mis hors service. Ce dernier élément sera déterminant lors du retournement des tarifs, à l'horizon 2019.Selon la direction, entre 40 et 50 navires doivent quitter la flotte pour que l'équilibre puisse être rétabli. La bonne nouvelle est que la probabilité de voir croître le nombre d'envois à la casse s'inscrit désormais en hausse: l'augmentation du cours de l'acier permet à l'armateur d'espérer un prix plus élevé pour la mise au rebut, et la législation, désormais plus stricte, applicable aux pétroliers, alourdira le coût du maintien en circulation des navires les plus anciens à partir de 2019. Le tarif de location journalier moyen sur le marché spot s'est élevé au quatrième trimestre à 25.889 dollars pour les VLCC, contre 33.161 dollars en 2016 et 18.875 au troisième trimestre. Soit, en base annuelle, une baisse sensible, de 41.863 dollars en 2016 à 28.119 dollars l'année suivante. Euronav n'en réussit pas moins à acter un bénéfice trimestriel net de 19,2 millions de dollars _ contre 50,3 millions, certes, en 2016. Compte tenu d'une plus-value de 36,2 millions de dollars sur la vente de trois navires, les analystes tablaient pour le quatrième trimestre sur une perte nette de 12,3 millions de dollars. Le groupe a donc contre toute attente pu réaliser un modeste bénéfice net de 1,2 million de dollars en base annuelle. En 2016, le bénéfice net avait atteint 204 millions de dollars. Les perspectives pour le premier trimestre sont sans prétention: 35,6% de la capacité disponible des VLCC est louée à 22.252 dollars (break-even à 27.300 dollars).Fin 2017, Euronav annonçait une acquisition très attendue, qui devrait contribuer à faire de lui le plus grand armateur indépendant: la fusion proposée avec le groupe américain Gener8 Maritime lui permettra d'acquérir 21 VLCC (dont 19 sont âgés de deux ans tout au plus), portant le total pour le groupe à 44 VLCC, alors que la flotte de Suezmax a été étoffée de six navires, à 28 bâtiments. Une fois achevée la fusion, prévue pour la fin juin, la flotte atteindra 75 navires (compte tenu de la vente, dans l'intervalle, de six VLCC récemment construits, pour un montant de 434 millions de dollars). Les actionnaires de Gener8Maritime conserveront 28% de la nouvelle Euronav, puisque la reprise sera financée à concurrence de 493 millions de dollars (35% de prime) par l'émission de 60,9 millions de nouvelles actions. La société est idéalement positionnée pour tirer profit du redressement escompté des tarifs de location journaliers au cours des deux à trois prochaines années. L'action demeure digne d'achat (rating 1B).Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 7,14 eurosTicker : EURN BBCode ISIN : BE0003816338 Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 1,14 milliard EURC/B 2017 : 913C/B attendu 2018 : -Perf. cours sur 12 mois : +0 %Perf. cours depuis le 01/01 : -5 %Rendement du dividende : 1,3 %