Si les rapports précédents avaient été applaudis, c'est, cette fois, la déception qui domine. Les ambitions du producteur de pétrole norvégien sont en effet restées (légèrement) en deçà des attentes sur la plupart des paramètres.
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Si les rapports précédents avaient été applaudis, c'est, cette fois, la déception qui domine. Les ambitions du producteur de pétrole norvégien sont en effet restées (légèrement) en deçà des attentes sur la plupart des paramètres. Le chiffre d'affaires a cédé 11,5%, à 836,3 millions de dollars, par rapport au premier trimestre de 2018 (le consensus misait sur 847,6 millions de dollars). Les prix moyens du pétrole et du gaz ont reculé de 6%. La production moyenne s'est stabilisée à 158.700 barils par jour, mais les ventes ont reculé de 3,2%, à 162.000 unités. L'intense production de Valhall (+32,8%, à une moyenne journalière de 45.800 barils) a compensé les replis, limités, actés dans les autres zones. La fourchette prévisionnelle pour 2019 reste inchangée, à 150.000-160.000 barils. Le deuxième trimestre sera marqué par une diminution de 30.000 barils par jour, en raison de travaux de maintenance à Valhall et à Ula (production cumulée de 54.000 barils par jour au premier trimestre). La production renouera ensuite avec les niveaux du premier trimestre, pour faire un nouveau bond au quatrième trimestre grâce à la mise en service de l'extension de Valhall, mais surtout à la première contribution, très attendue, de l'énorme gisement pétrolier Johan Sverdrup. Aker BP détient là une participation de 11,6%, grâce à laquelle il accroîtra sa production de 50.000 unités par jour au bas mot dans une première phase, puis de 75.000 à partir de 2023. Johan Sverdrup, qui va considérablement réduire les coûts de production, est une des pierres angulaires de la réalisation de l'objectif du groupe : tripler la production à 450.000 barils d'ici à 2025. Les cash-flows opérationnels (Ebitda) ont baissé de 22%, à 539 millions de dollars, au premier trimestre (prévisions: 546,3 millions). Les coûts de production n'ont que légèrement augmenté (+2,6%, à 200,5 millions), au contraire des dépenses d'exploration (+65%, à 90,4 millions). Lesquelles dépenses ont cependant permis de faire de nouvelles découvertes dans la zone d'Alvheim (Froskelar). L'on note par ailleurs une réduction de valeur exceptionnelle de 69 millions de dollars à la suite de la révision à la baisse des revenus escomptés d'Ula. Compte tenu de l'augmentation d'impôts, le bénéfice net est tombé de 168,5 à 10,4 millions de dollars. Aker BP conclura au deuxième trimestre, avec un consortium de banques, une facilité de crédit destinée à remplacer celle qui arrivera à échéance en 2021. Elle sera elle aussi plafonnée à quatre milliards de dollars mais assortie, grâce au profil plus mature du groupe, de conditions beaucoup plus intéressantes. Contre toute attente, la direction a annoncé en janvier une nouvelle augmentation du dividende. Le dividende de 2019 bondit ainsi de 550 à 750 millions de dollars, et devrait être relevé de 100 millions de dollars par an jusqu'en 2023; Aker BP distribuera donc, cette année-là, 1,15 milliard de dollars, soit plus de quatre fois le montant de 2017 (250 millions). Le groupe est toujours en quête d'acquisitions ciblées, de préférence à proximité de ses propres projets, en cours ou en vue. Au vu de l'explosion des deux dernières années, la baisse du cours doit être relativisée. Le titre reste un candidat à une intégration dans le portefeuille modèle cette année encore. A 22,8 fois le bénéfice et un rapport valeur d'entreprise (EV)/Ebitda de 5 escomptés pour 2019, la valorisation est correcte. Nous tablons sur un repli à 200-225 couronnes norvégiennes. Conseil: conserver/attendre Risque: moyenRating: 2BCours: 261,4 couronnes norvégiennesTicker: AKERBP NOCode ISIN: NO0010345853Marché: OsloCapit. boursière: 94,6 milliards NOKC/B 2018: 21C/B attendu 2019: 22,8Perf. cours sur 12 mois: -9,3%Perf. cours depuis le 01/01: +19,9%Rendement du dividende: 6,7%