Ces dernières années, aidés par le redressement des cours des métaux et après s'être débarrassés d'actifs moins rentables, les acteurs du secteur minier ont pu ne plus affecter à la réduction de l'endettement ou à des investissements supplémentaires, les cash-flows excédentaires. Ils les distribuent aux actionnaires. Au premier semestre de 2018, Rio Tinto, le numéro un du secteur, a distribué 2,2 milliards de dollars sous la forme de dividendes, ou 15% de plus qu'un an plus tôt. Le groupe a, par ailleurs, décidé de consacrer au rachat de ses actions un milliard de plus, soit 2,4 milliards de dollars. Un montant qui pourra quasiment doubler, comme il l'a suggéré à l'occasion de la publication des résultats semestriels, le mois dernier. Et ce sera sous peu...

Ces dernières années, aidés par le redressement des cours des métaux et après s'être débarrassés d'actifs moins rentables, les acteurs du secteur minier ont pu ne plus affecter à la réduction de l'endettement ou à des investissements supplémentaires, les cash-flows excédentaires. Ils les distribuent aux actionnaires. Au premier semestre de 2018, Rio Tinto, le numéro un du secteur, a distribué 2,2 milliards de dollars sous la forme de dividendes, ou 15% de plus qu'un an plus tôt. Le groupe a, par ailleurs, décidé de consacrer au rachat de ses actions un milliard de plus, soit 2,4 milliards de dollars. Un montant qui pourra quasiment doubler, comme il l'a suggéré à l'occasion de la publication des résultats semestriels, le mois dernier. Et ce sera sous peu, car le produit de la vente de ses actifs australiens dans le charbon s'est élevé à 3,2 milliards de dollars. Plus tôt, la vente de sa participation dans la mine de Grasberg, en Indonésie, lui avait déjà rapporté 3,5 milliards de dollars. Pour autant, Rio Tinto n'est pas en train de liquider son portefeuille d'actifs. Le producteur est toujours le deuxième groupe minier diversifié au monde. Mais il est très dépendant du minerai de fer. C'est pourquoi il entend étendre de manière significative ses activités dans le cuivre et le diamant au cours des années à venir. Pour cela, le groupe compte entre autres sur le projet Oyu Tolgoi, en Mongolie, qui devrait être opérationnel en 2020. Le cours du cuivre a été malmené ces derniers mois, mais il ne devrait s'agir que d'un creux passager, car les observateurs s'attendent à ce que le marché global du métal rouge soit plus ou moins à l'équilibre cette année. En revanche, un nouveau déficit de l'offre est anticipé pour la décennie à venir. La hausse des coûts de production est digne d'être prise en compte. Le cours du pétrole a augmenté de 20% en base annuelle, alors que les coûts chez les sous-traitants sont, eux aussi, en hausse. Pour ces raisons, le bénéfice sous-jacent s'est établi légèrement sous le consensus au premier semestre: à 4,42 milliards de dollars, il affiche certes une hausse de 12% en glissement annuel, mais les analystes avaient pronostiqué 4,53 milliards de dollars. Les coûts ayant grimpé de 26% dans la division Aluminium, le bénéfice opérationnel s'y est contracté de 11%. Cependant, ce recul a été en partie compensé par la baisse des coûts de production du minerai de fer.Les cash-flows disponibles se sont contractés de 38% au premier semestre, mais c'est la conséquence du paiement d'une note fiscale de 1,2 milliard de dollars. La dette nette a dès lors atteint 5,2 milliards de dollars au terme du premier semestre, contre 3,8 milliards de dollars six mois plus tôt. Elle est appelée à diminuer à nouveau, lorsque Rio Tinto aura perçu le produit de la vente de plusieurs actifs. Le groupe prévoit toujours que les dépenses d'investissement s'élèveront cette année à six milliards de dollars; 2,8 milliards ont déjà été investis au premier semestre. Rio Tinto dispose d'un bilan robuste et produit des cash-flows élevés. Mais bien que le groupe continue de récompenser ses actionnaires (dividende semestriel record), le marché ne s'en enthousiasme pas. L'escalade des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, deux des nombreux pays auxquels le groupe fournit des métaux, inquiète les investisseurs. Les cours des métaux de base devraient remonter cet automne. Compte tenu du rendement élevé qu'il procure, le titre peut rester en portefeuille. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 37,98 livresTicker : Rio LNCode ISIN : GB0007188757Marché : London Stock ExchangeCapit. boursière : 66,1 milliards GBPC/B 2017 : 9C/B attendu 2018 : 9,5Perf. cours sur 12 mois : +15 %Perf. cours depuis le 01/01 : -5 %Rendement du dividende : 6,1 %