Lors de la publication des résultats semestriels, Hugo De Stoop, son CEO, s'était encore dit déçu par l'absence de redressement des tarifs journaliers au 3e trimestre. La situation s'expliquait alors par les nombreuses livraisons de pétroliers au 1er semestre, par les interventions exceptionnellement longues qu'exige la préparation des raffineries à l'adoption des normes environnementales OMI 2020 et par la prolongation, jusqu'au 1er trimestre de l'an prochain, des restrictions imposées par les pays producteurs.
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Lors de la publication des résultats semestriels, Hugo De Stoop, son CEO, s'était encore dit déçu par l'absence de redressement des tarifs journaliers au 3e trimestre. La situation s'expliquait alors par les nombreuses livraisons de pétroliers au 1er semestre, par les interventions exceptionnellement longues qu'exige la préparation des raffineries à l'adoption des normes environnementales OMI 2020 et par la prolongation, jusqu'au 1er trimestre de l'an prochain, des restrictions imposées par les pays producteurs.Mais la tendance s'inverse radicalement depuis deux mois. D'abord parce qu'à partir du 1er janvier, les normes OMI 2020 imposeront d'utiliser des carburants pauvres en soufre (0,5% au maximum) - à moins que le navire ne soit équipé d'absorbeurs-neutralisateurs (scrubbers), qui épurent les gaz d'échappement, auquel cas il pourra continuer à employer un carburant à la teneur en soufre plus élevée (3,5%), mais moins cher. De nombreuses incertitudes entourent donc les questions de la disponibilité, des tarifs et de la qualité des carburants après le 1er janvier. Maints armateurs ayant décidé de faire installer des scrubbers, 60 des bâtiments qui composent la flotte mondiale devraient être indisponibles pendant 50 jours cet hiver, une saison par définition chargée. En outre, 20 à 30 navires plus anciens seront utilisés comme plateformes de stockage pour faire face aux difficultés d'approvisionnement. Euronav stockera, dans un de ses deux ULCC (pétroliers transporteurs de brut ultra grands) d'une capacité de 441.000 tonnes, 420.000 tonnes de carburant conforme, soit l'équivalent des besoins, pendant six mois au moins, de sa flotte de 42 VLCC (capacité de 320.000 tonnes). Il a pour ce faire souscrit un crédit de 100 millions de dollars. Septembre a été marqué par l'attaque contre les installations pétrolières saoudiennes et par les sanctions américaines à l'égard de plusieurs armateurs chinois accusés d'avoir transporté du pétrole iranien. Ce qui, ajouté aux incertitudes liées à la disponibilité des pétroliers, a fait en quelques semaines bondir les tarifs journaliers de 40.000 dollars à plus de 200.000 dollars. Hugo De Stoop table pour le 4e trimestre sur un tarif moyen de 65.000 à 75.000 dollars par jour pour les VLCC, dont 60% sont pour l'heure loués, au prix de 60.900 dollars en moyenne. Pour les Suezmax, plus petits, les chiffres sont de 48% et de 27.300 dollars. Comme 90% de la flotte d'Euronav est exposé au marché spot, le trimestre devrait être un des meilleurs de l'histoire du groupe. Lequel a achevé le 3e trimestre sur une perte nette de 22,9 millions de dollars (58,7 millions en 2018); les tarifs journaliers moyens s'élevaient à ce moment-là à 25.036 dollars pour les VLCC (17.773 en 2018), et 17.121 dollars (14.919 en 2018) pour les Suezmax. La perte nette après neuf mois s'établit à 41,9 millions de dollars, contre 110,3 millions l'an dernier. Euronav distribuera à partir de 2020 un dividende non plus semestriel, mais trimestriel. L'envolée des tarifs journaliers ayant convaincu plusieurs armateurs d'attendre 2020 pour installer des scrubbers, la demande de carburants pauvres en soufre explose; leur prix atteint d'ores et déjà 545 dollars la tonne, soit 100 dollars de plus que celui auquel Euronav a constitué ses stocks. La capacité de transport devrait connaître un creux temporaire en 2020. De surcroît, le rapport nouvelles commandes/flotte totale n'a jamais été aussi bas depuis 20 ans (moins de 10%); en cause: les craintes suscitées par ce que sera la législation environnementale en 2050. Tous ces éléments soutiendront les tarifs l'an prochain. Euronav gère magistralement la question des normes OMI et les perspectives, pour 2020, sont très encourageantes: nous conservons sans hésiter notre position résiduelle (2B). Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 10,35 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,28 milliards EURC/B 2018: -C/B attendu 2019: 68Perf. cours sur 12 mois: +26%Perf. cours depuis le 01/01: +62%Rendement du dividende: 1,1%