Bien que le dernier pic des bénéfices d'Umicore remonte déjà à 2011, la glissade semble se poursuivre. Jusqu'à la semaine dernière, les investisseurs tablaient encore sur une stabilisation pour cette année et un rebond l'an prochain, mais le rapport intermédiaire sur le 1er trimestre a anéanti cet espoir. La direction attend pour cette année des bénéfices opérationnels récurrents de 250 à 280 millions EUR, contre 304 millions EUR l'an dernier et un peu moins de 300 millions EUR espérés pour cette année. Comme aux derniers trimestres, le problème réside dans la division Recyclage, qui prend à son compte plus de la moitié du bénéfice opérationnel. Au 1er trimestre, le bénéfice y a...

Bien que le dernier pic des bénéfices d'Umicore remonte déjà à 2011, la glissade semble se poursuivre. Jusqu'à la semaine dernière, les investisseurs tablaient encore sur une stabilisation pour cette année et un rebond l'an prochain, mais le rapport intermédiaire sur le 1er trimestre a anéanti cet espoir. La direction attend pour cette année des bénéfices opérationnels récurrents de 250 à 280 millions EUR, contre 304 millions EUR l'an dernier et un peu moins de 300 millions EUR espérés pour cette année. Comme aux derniers trimestres, le problème réside dans la division Recyclage, qui prend à son compte plus de la moitié du bénéfice opérationnel. Au 1er trimestre, le bénéfice y avait baissé de 16%, et les marges ont subi un recul "significatif". Pourtant, les prix des métaux se sont stabilisés ces derniers mois, même s'ils sont toujours inférieurs de 14% à la moyenne de 2013. Cela dit, Umicore enregistre également - et de manière assez étonnante - une baisse des volumes dans le recyclage de métaux précieux. L'entreprise avance comme explication les travaux préparatoires sur le site de recyclage de Hoboken, où une importante extension est prévue l'an prochain. La direction admet en avoir sous-estimé l'impact sur la capacité de traitement, mais souligne qu'elle veut réaliser un maximum de travaux préparatoires en amont. En outre, l'approvisionnement est sous pression pour certains matériaux, tels les équipements électroniques complexes. On peut dès lors se demander si Umicore n'est pas confrontée plus qu'on ne le pensait à une concurrence croissante dans les activités de recyclage. C'est à surveiller. L'approvisionnement des matériaux contenant du platine a également été affecté par les grèves dans l'industrie minière d'Afrique du Sud. Jusqu'à nouvel ordre, la baisse des volumes est donc un phénomène temporaire. Umicore ne perçoit en tout cas aucune évolution fondamentale dans l'offre de matériaux à recycler. Pour l'instant, la croissance des autres activités ne suffit pas à neutraliser les contretemps dans le recyclage et les effets de change défavorables au niveau du bénéfice opérationnel. La division Matériaux énergétiques enregistre pourtant une croissance impressionnante. Le chiffre d'affaires (CA) a progressé de 26% au 1er trimestre, surtout grâce aux ventes de matériaux pour batteries rechargeables. L'arrivée de la 4G dans les réseaux mobiles exige des batteries encore plus robustes pour les smartphones et tablettes, et Umicore dispose des matériaux adéquats pour renforcer ces batteries. Parallèlement, le groupe se retire peu à peu du marché des batteries classiques, où la forte concurrence dévore les marges. La division Catalyseurs est relativement performante, et profite de la reprise mondiale de la production automobile, même en Europe. Le CA a progressé de 4% au 1er trimestre. Les ventes n'ont baissé - de 6% - qu'en Amérique du Sud, principalement en raison de la faible conjoncture au Brésil.ConclusionL'action a décroché après ce nouvel avertissement sur bénéfices. La valorisation toujours très tendue - comme en témoigne un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) de plus de 9 - démontre que le marché croit toujours dans le potentiel de croissance de l'entreprise à un peu plus long terme, mais limite le potentiel à court terme. Nous gardons l'action à l'oeil, mais abaissons provisoirement son rating.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B