En 2019, le bénéfice d'exploitation récurrent (Rebit) d'Umicore s'est établi juste sous le niveau record de 2018. Les résultats ont toutefois déçu les investisseurs, qui s'inquiètent surtout, à juste titre, des piètres performances de la division des matériaux pour batteries, censée être le moteur de croissance des bénéfices, mais qui se trouve actuellement dans le creux de la vague, sans redressement rapide à escompter. La nette remontée de l'action au deuxième semestre semble donc avoir été un peu prématurée.
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En 2019, le bénéfice d'exploitation récurrent (Rebit) d'Umicore s'est établi juste sous le niveau record de 2018. Les résultats ont toutefois déçu les investisseurs, qui s'inquiètent surtout, à juste titre, des piètres performances de la division des matériaux pour batteries, censée être le moteur de croissance des bénéfices, mais qui se trouve actuellement dans le creux de la vague, sans redressement rapide à escompter. La nette remontée de l'action au deuxième semestre semble donc avoir été un peu prématurée.Les investisseurs se sont surtout préoccupés de la dégringolade des marges, qui a fait plonger de 29% le Rebit de la division batteries. Umicore pointe du doigt la hausse des coûts consécutive aux investissements réalisés pour se développer. Par ailleurs, la nette baisse du prix du cobalt a pesé sur les ventes de cobalt raffiné. Les matériaux à haute teneur en cobalt font l'objet d'une concurrence acharnée et certains producteurs utilisent du cobalt bien moins cher, mais non éthique. La contraction des marges ne résulte donc pas d'une baisse des volumes ou d'un affaiblissement de la position de marché, car la vente de matériaux pour batteries automobiles est en ligne avec la hausse de la demande mondiale de véhicules électriques, un marché qui a progressé de 7% seulement l'année dernière, la réduction des subsides décidée par le gouvernement chinois ayant eu un impact négatif sur les ventes dans l'empire du Milieu. Umicore n'anticipe pas de redressement du marché chinois en 2020 même si à long terme, le pays entend toujours électrifier son parc automobile. Le marché européen devrait redécoller à partir de 2021 grâce au durcissement des normes d'émission. Les investisseurs doivent donc encore s'armer de patience avant que la division ne tourne à plein régime. Mais l'accent mis sur les batteries occulte injustement les belles performances des autres divisions. La vente de catalyseurs et le recyclage contribuent chacun environ au tiers du bénéfice d'exploitation (Ebit). Dans les deux branches, les perspectives à long terme sont réjouissantes. La division catalyseurs a vu son chiffre d'affaires (CA) augmenter de 7% et son bénéfice de 10%, malgré la récession dans le secteur automobile. L'exercice 2019 a véritablement été sauvé par la division recyclage, dont l'Ebit a augmenté de 40% en un an, et même doublé au deuxième semestre grâce à la forte hausse des prix des métaux recyclés par Umicore. Et cette envolée se poursuit!Umicore se refuse encore à émettre des prévisions de bénéfice pour 2020, se contentant d'affirmer que le CA et le bénéfice augmenteront si le coronavirus ne plombe pas durablement l'économie. Sur le long terme, la direction reste convaincue que l'accent sur la mobilité propre et le recyclage alimentera sa croissance. Umicore a rappelé que malgré la stagnation de l'année dernière, l'Ebit progresse de 10% en moyenne depuis 2015. Le ralentissement de la demande et la hausse des coûts ont affaibli de manière inattendue la division batteries, dont on attendait beaucoup. Un redressement ne devrait pas s'amorcer avant 2021. Malgré les performances toujours louables du recyclage et des catalyseurs, la croissance des bénéfices sera probablement modeste cette année. A plus long terme, les perspectives restent excellentes, ce qui se traduit par un rapport cours/bénéfice relativement élevé (28). Nous modifions le conseil, à "conserver". Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 42,4 eurosTicker: UMI Code ISIN: BE0974320526Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 11,5 milliards EURC/B 2019: 33 eurosC/B attendu 2020: 28 eurosPerf. cours sur 12 mois: +16%Perf. cours depuis le 01/01: -3%Rendement du dividende: 1,7%