Les résultats annuels de Colruyt, qui portent les stigmates de la crise sanitaire, sont moins faciles à interpréter que d'habitude. Si les magasins d'alimentation ont vu leurs ventes s'envoler, pour d'autres chaînes, comme Dreamland, contraintes de fermer, ce fut l'inverse. Le comportement des consommateurs a par ailleurs changé. Beaucoup ont en effet préféré faire leurs achats le plus près possible de chez eux. Or, le groupe, qui compte parmi ses enseignes, outre Colruyt, aussi Spar et OKay, mise surtout sur les grandes surfaces et possède relativement moins de magasins de proximité que ses concurrents. Il a dès lors déploré une érosion de sa part de marché pour l'alimentaire (31,3% en 2020/21, 32,1% à l'exercice précédent). Il sera intéressant ...

Les résultats annuels de Colruyt, qui portent les stigmates de la crise sanitaire, sont moins faciles à interpréter que d'habitude. Si les magasins d'alimentation ont vu leurs ventes s'envoler, pour d'autres chaînes, comme Dreamland, contraintes de fermer, ce fut l'inverse. Le comportement des consommateurs a par ailleurs changé. Beaucoup ont en effet préféré faire leurs achats le plus près possible de chez eux. Or, le groupe, qui compte parmi ses enseignes, outre Colruyt, aussi Spar et OKay, mise surtout sur les grandes surfaces et possède relativement moins de magasins de proximité que ses concurrents. Il a dès lors déploré une érosion de sa part de marché pour l'alimentaire (31,3% en 2020/21, 32,1% à l'exercice précédent). Il sera intéressant de voir si les consommateurs reprendront leurs anciennes habitudes, auquel cas Colruyt verrait sa part se stabiliser, voire revenir à son niveau d'avant-crise.Le chiffre d'affaires (CA) annuel du groupe atteint 9,9 milliards d'euros, soit une hausse de 3,7% conforme aux attentes. La marge brute a même progressé de 8,9% grâce entre autres à l'interdiction des promotions dans les supermarchés en début d'exercice, lors du premier confinement, sévère. La croissance du CA a ralenti à 1,7% au second semestre. La hausse des coûts a hélas gommé une grande partie du surcroît de marge brute. Les charges d'exploitation ont en effet augmenté, passant de 18,4 à 19,6 % du CA, du fait des dépenses additionnelles liées à la crise et de la hausse des investissements dans le personnel, les produits de ses marques maison et les canaux de distribution. La direction a accordé aux collaborateurs 40 millions d'euros de rémunération et de jours de congé supplémentaires pour les remercier de leurs efforts dans des circonstances difficiles. Par conséquent, le bénéfice opérationnel n'a augmenté que de 2,4%, si l'on y inclut la plus-value de 31 millions d'euros découlant de l'intégration d'Eoly Energy dans Virya Energie, le holding qui regroupe les participations dans les énergies renouvelables. Sans elle, le bénéfice opérationnel se serait limité à 5% du CA (5,3% en 2019/20). Dès lors, le bénéfice net s'inscrit en repli de 3,6%; là aussi, la comparaison avec celui de 2019/20 est difficile, car il incluait alors un bénéfice exceptionnel lié à l'apport de Parkwind à Virya Energie. Le bénéfice net comparable s'est légèrement accru, passant de 380 millions à 385 millions d'euros. Les perspectives de la direction pour l'exercice en cours sont encore plus prudentes que d'habitude. Elle estime qu'en ces conditions de marché encore incertaines, le groupe peinera à atteindre un résultat net de 385 millions d'euros. Faute de pouvoir s'accrocher à des projections encourageantes, les investisseurs retiennent surtout que les résultats du second semestre de l'exercice écoulé sont inférieurs aux attentes. Un point positif: le dividende va passer de 1,35 à 1,47 euro par action. Colruyt a surtout souffert au second semestre de 2020/21, pour diverses raisons: la pandémie a modifié le comportement des consommateurs, ses coûts ont augmenté et la pression promotionnelle s'est accrue. Le bénéfice net de l'exercice a dès lors stagné - et un redressement rapide de ce résultat net est à exclure, vu les projections en la matière de la direction. Avec un ratio cours/bénéfice de 16 et une valeur d'entreprise de 8 fois le cash-flow opérationnel, la valorisation reste correcte pour une action défensive. Nous recommandons toujours de conserver le titre. Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2ACours: 46 eurosTicker: BBCode ISIN: BE0974256852Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 6,3 milliards EURC/B 2020/21: 17C/B attendu 2021/22: 16Perf. cours sur 12 mois: -15%Perf. cours depuis le 01/01: -4%Rendement du dividende: 3,1%