Le secteur technologique est malmené depuis quelques semaines. Les spécialistes des médias sociaux ne sont pas épargnés. Twitter fut d'ailleurs l'une des principales victimes de ce retour de flammes. Depuis le début de l'année, l'action a perdu environ un tiers de sa valeur, et s'échange aujourd'hui plus de 40% sous le sommet de fin décembre. Le titre est ainsi revenu à son plus faible niveau depuis le cours de clôture du premier jour d'échanges. Rappelons que l'oiseau bleu a été introduit en Bourse début novembre au prix de 26 USD. Cette IPO "sponsorisée" largement par les investisseurs institutionnels a été sursouscrite plus de 30 fois, et l'action avait clôturé la première séance sur une...

Le secteur technologique est malmené depuis quelques semaines. Les spécialistes des médias sociaux ne sont pas épargnés. Twitter fut d'ailleurs l'une des principales victimes de ce retour de flammes. Depuis le début de l'année, l'action a perdu environ un tiers de sa valeur, et s'échange aujourd'hui plus de 40% sous le sommet de fin décembre. Le titre est ainsi revenu à son plus faible niveau depuis le cours de clôture du premier jour d'échanges. Rappelons que l'oiseau bleu a été introduit en Bourse début novembre au prix de 26 USD. Cette IPO "sponsorisée" largement par les investisseurs institutionnels a été sursouscrite plus de 30 fois, et l'action avait clôturé la première séance sur une hausse de 73%. Ce sont d'ailleurs uniquement les institutionnels qui avaient pu acheter à 26 USD. Lorsque les échanges réguliers ont commencé et que les particuliers ont pu participer à la fête, Twitter était déjà revenu à 45 USD. La semaine dernière, l'action est revenue sous ce niveau. Twitter concurrence notamment Facebook et Google dans le segment des publicités en ligne. L'approche de Twitter est cependant différente dans la mesure où il se concentre plutôt sur la collecte d'information et la formation d'opinions. Twitter tire trois quarts de son chiffre d'affaires (CA) des publicités en ligne qui ciblent l'équipement mobile (smartphones et tablettes). Chez Facebook, cette proportion est de 53%. Le repli de cours de Twitter est principalement imputable aux résultats décevants du 4etrimestre. L'évolution du nombre de nouveaux utilisateurs, particulièrement, inquiète les investisseurs. Ce sont en effet ces utilisateurs qui doivent assurer la continuité de la croissance des revenus publicitaires. Fin décembre, Twitter comptait 241 millions d'utilisateurs actifs mensuels, soit seulement 9 millions ou 4% de plus que trois mois plus tôt. Environ la moitié des utilisateurs consulte le site quotidiennement. Le nombre d'utilisateurs mobiles s'est élevé à 184 millions ou 76% du total. Twitter va essayer de mettre en avant plusieurs nouvelles formules pour les publicitaires. Le groupe de médias sociaux a cependant pu établir un score au niveau du CA (242,7 millions USD), qui a connu une augmentation de 116% sur base annuelle. Plus de 90% sont des revenus publicitaires. Les frais de recherche et développement, et de vente et marketing se sont révélés très élevés (746,8 millions USD), causant une perte opérationnelle de plus de 500 millions USD. Le cash-flow opérationnel ajusté ou EBITDA, qui ne tient pas compte de l'émission d'options, des amortissements et réductions de valeur et provisions fiscales, est ressorti à 44,7 millions USD. En 2014, cet EBITDA devrait atteindre entre 150 et 180 millions EUR selon Twitter. Cette année, le bénéfice net sera probablement nul. Selon les analystes, le CA devrait augmenter cette année à 1,25 milliard USD, contre 665 millions USD en 2013. Twitter est lui-même un peu plus prudent : il table sur 1,15 à 1,2 milliard USD. A la fin de l'an dernier, le groupe disposait d'une position liquide nette d'environ 2 milliards USD. ConclusionMême après la récente correction, Twitter n'est pas ce qu'on peut appeler une action bon marché. A près de 20 fois le CA attendu, l'action est moitié plus chère que son concurrent Facebook, qui pour sa part est rentable. L'euphorie des mois passés a disparu. D'où le relèvement de conseil. Cela dit, nous ne sommes pas encore acheteurs du titre.Conseil: attendre/conserverRisque: élevéRating: 2C