Tullow Oil a été créée en 1986, mais le véritable envol de l'entreprise coïncide à nos yeux avec la découverte du gisement de Jubilee au large des côtes ghanéennes en 2007. Aujourd'hui, Tullow affiche 136 licences, 63 champs en production sur une superficie de 330.250 km² et des activités dans 22 pays, dont une douzaine de pays africains. Tullow peut ainsi se targuer d'être la plus grande compagnie d'exploration et de production indépendante d'Afrique. Et c'est un atout très important. Les réserves prouvées et présumées atteignent 1,254 milliard de barils au total. L'an dernier, la production journalière moyenne s'établissait à 75.200 barils d'équivalent pétrole par jour (boepd), dont 63.400 ou 84% en provenance d'A...

Tullow Oil a été créée en 1986, mais le véritable envol de l'entreprise coïncide à nos yeux avec la découverte du gisement de Jubilee au large des côtes ghanéennes en 2007. Aujourd'hui, Tullow affiche 136 licences, 63 champs en production sur une superficie de 330.250 km² et des activités dans 22 pays, dont une douzaine de pays africains. Tullow peut ainsi se targuer d'être la plus grande compagnie d'exploration et de production indépendante d'Afrique. Et c'est un atout très important. Les réserves prouvées et présumées atteignent 1,254 milliard de barils au total. L'an dernier, la production journalière moyenne s'établissait à 75.200 barils d'équivalent pétrole par jour (boepd), dont 63.400 ou 84% en provenance d'Afrique - le gisement offshore de Jubilee au Ghana est exploité depuis novembre 2010. Les 11.800 barils d'équivalent pétrole restants proviennent des gisements de gaz naturels rachetés à BP en 2000. En termes de production, les perspectives de Tullow sont très favorables. Le groupe est toujours dans les temps (65% du projet était déjà terminé en juillet) pour extraire les premiers barils de pétrole du projet TEN (abréviation pour les gisements de Tweneboa, Enyenra, Ntomme), également au large des côtes ghanéennes (à 60 kilomètres de la côte occidentale du pays d'Afrique de l'Ouest), à la mi-2016. Si le calendrier est respecté, Tullow pourra ainsi franchir le cap des 100.000 barils de pétrole par jour en moyenne, le seuil au-dessus duquel on est généralement considéré comme un producteur de pétrole à part entière. La capacité journalière du seul projet de TEN est estimée à 80.000 barils à partir de 2017. Pourtant, l'action a perdu plus de la moitié de sa valeur cette année, et se négocie aujourd'hui 85% sous son pic du printemps 2012. Au 1er semestre, son chiffre d'affaires (CA) a baissé de 35%, à 820 millions USD, malgré une production quotidienne relativement stable de 74.600 barils d'équivalent pétrole. C'est donc tout simplement un effet de prix (en moyenne de 106,7 à 70,6 USD le baril). Le bénéfice brut a dès lors diminué de moitié à 342 millions USD. Mais dans la mesure où le groupe a enregistré nettement moins d'amortissements que l'an dernier, sa perte nette s'est allégée de -95 à -68 millions USD. Sa dette nette s'est alourdie de 3,1 milliards USD à la fin de l'an dernier à 3,6 milliards USD fin juin, ce qui lui confère un taux d'endettement élevé (2,65 fois le cash-flow opérationnel). Le dividende a en conséquence été supprimé pour une période indéterminée, le budget consacré aux investissements a été ramené à 1,9 milliard USD pour 2015, les frais ont été revus à la baisse de 500 millions USD sur 3 ans, et le groupe s'est couvert contre les fluctuations des prix pétroliers pour la période 2015-2017 (34.500 barils en 2015 à 86 USD le baril; 31.250 barils en 2016 à 79,3 USD le baril et 19.500 barils en 2017 à 76,7 USD le baril). A 6,5 fois le rapport entre la valeur d'entreprise (EV) et le cash-flow opérationnel (EBITDA) 2016, nous pensons que cette valeur de croissance est sous-valorisée, compte tenu de sa croissance de bénéfice attendue, sensible, au cours de la période 2016-2018, grâce au début de la production du projet TEN.ConclusionTullow Oil, une success-story dans l'exploration et la production de pétrole en Afrique, a pour unique point faible son endettement élevé. Un candidat idéal pour une acquisition aussi après que la capitalisation boursière s'est effondrée en septembre par rapport à son sommet de 2011. Réservée à l'investisseur de long terme conscient de la volatilité à court terme.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B