Cameco avait surpris les investisseurs l'an dernier en annonçant la mise hors service durant 10 mois de McArthur River, la plus grande mine du groupe, ainsi que de l'usine de traitement Key Lake. Un an plus tôt, le producteur canadien d'uranium avait dû interrompre l'activité de la mine Rabbit Lake. Par conséquent, la production chutera de près de 15 millions de livres cette année. L'an dernier, le Kazakhstan, le premier producteur mondial d'uranium, avait imposé à deux reprises aux entreprises publiques une limitation de leur production. Tim Gitzel, le CEO de Cameco, s'est dit optimiste concernant l'industrie de l'uranium à moyen terme, mais ses perspectives à court terme sont prudentes afin de ne pas décevoir les attentes. On recense actu...

Cameco avait surpris les investisseurs l'an dernier en annonçant la mise hors service durant 10 mois de McArthur River, la plus grande mine du groupe, ainsi que de l'usine de traitement Key Lake. Un an plus tôt, le producteur canadien d'uranium avait dû interrompre l'activité de la mine Rabbit Lake. Par conséquent, la production chutera de près de 15 millions de livres cette année. L'an dernier, le Kazakhstan, le premier producteur mondial d'uranium, avait imposé à deux reprises aux entreprises publiques une limitation de leur production. Tim Gitzel, le CEO de Cameco, s'est dit optimiste concernant l'industrie de l'uranium à moyen terme, mais ses perspectives à court terme sont prudentes afin de ne pas décevoir les attentes. On recense actuellement 57 réacteurs nucléaires en construction _ ils seront opérationnels dans 12 à 18 mois. Cameco estime à 730 millions le nombre de livres d'uranium (combustible nucléaire) qui seront nécessaires au cours des dix prochaines années. Cameco a enregistré une perte nette de 62 millions de dollars canadiens (CAD) au quatrième trimestre. Il y a un an, elle était deux fois plus élevée, à 144 millions CAD. Elle est exclusivement imputable à sa filiale Nukem, qui commercialise du carburant nucléaire dans le monde entier. Les mines opérationnelles ont, elles, été rentables. Cameco a produit 23,8 millions de livres d'uranium l'an dernier, soit 12% de moins qu'en 2016. Le volume des ventes a reculé de 7%, à 33,6 millions de livres. Le prix de vente moyen s'est élevé à 46,8 dollars la livre l'an dernier. Mais pour l'heure, seule une mine est opérationnelle, Cigar Lake, ce qui affectera la production; il ne faut pas s'attendre à plus de 9,1 millions de livres d'uranium cette année. Compte tenu des contrats en cours, les volumes de ventes devraient néanmoins demeurer inchangés, à 32 ou 33 millions de livres. Par ailleurs, Cameco a des stocks bien garnis.Au terme de l'exercice 2017, Cameco disposait de 470 millions de dollars de liquidités mais sa dette s'élevait à 1,2 milliard de dollars. Le groupe continuera de réduire considérablement les coûts cette année: d'un tiers les dépenses d'exploration, de 20% celles d'administration et d'un quart les investissements. C'est cependant la diminution du dividende - pour la première fois - qui engendrera la plus grande économie. Il est réduit de 0,4 à 0,08 dollar par action, ce qui en ramène le rendement de plus de 4% à 0,9%. Ce faisant, Cameco conserve un flux de trésorerie de 126 millions de dollars. Concernant le litige qui oppose le groupe à l'administration fiscale canadienne (CRA) au sujet des revenus des filiales étrangères, le tribunal ne devrait pas tarder à faire connaître sa décision. Pour l'autre litige, avec le producteur d'électricité japonais Tepco, l'arbitrage ne commencera que début 2019. Tepco a résilié unilatéralement un contrat d'approvisionnement en uranium, après quoi les Canadiens leur réclament un dédommagement de 682 millions de dollars. Leur contrat prévoyait un arbitrage en cas de litige, en vue d'accroître les chances d'un règlement amiable. La réduction du dividende donne une plus grande latitude financière au groupe. Si les mesures de réduction des coûts affectent le chiffre d'affaires et déplaisent aux actionnaires, ce choix nous semble pourtant le plus judicieux pour le plus long terme. Le risque de baisse du cours de l'uranium comme de l'action (0,9 fois la valeur comptable) est très faible. Conseil : acheterRisque : élevéRating : 1CCours : 9,02 dollarsTicker : CCJ USCode ISIN : CA13321L1085Marché : New York Stock ExchangeCapit. boursière : 3,5 milliards USDC/B 2017 : -C/B attendu 2018 : 85,2Perf. cours sur 12 mois : -15 %Perf. cours depuis le 01/01 : -3 %Rendement du dividende : 0,9 %