Depuis le début de l'année, les investisseurs se défont des valeurs vedettes, celles qui se sont fort appréciées ces dernières années, pour acquérir des actions de valeur, peu onéreuses, comme celle de TotalEnergies. Le géant français de l'énergie a déjà vu le cours de son action grimper de plus de 10% depuis janvier, mais ce n'est qu'une hausse modeste au regard des résultats qu'il enregistre grâce à la flambée des cours du pétrole, du gaz naturel et de l'électricité. L'amélioration de ses résultats est telle que le groupe ne l'exprime pas en pourcentages, mais en multiples. Ainsi au 4e trimestre le cash-flow opérationnel a-t-il été multiplié par 3, le cash-flow disponible, par 2, le bénéfice ajusté, par 6, et le bénéfice par action, par 5, en glisseme...

Depuis le début de l'année, les investisseurs se défont des valeurs vedettes, celles qui se sont fort appréciées ces dernières années, pour acquérir des actions de valeur, peu onéreuses, comme celle de TotalEnergies. Le géant français de l'énergie a déjà vu le cours de son action grimper de plus de 10% depuis janvier, mais ce n'est qu'une hausse modeste au regard des résultats qu'il enregistre grâce à la flambée des cours du pétrole, du gaz naturel et de l'électricité. L'amélioration de ses résultats est telle que le groupe ne l'exprime pas en pourcentages, mais en multiples. Ainsi au 4e trimestre le cash-flow opérationnel a-t-il été multiplié par 3, le cash-flow disponible, par 2, le bénéfice ajusté, par 6, et le bénéfice par action, par 5, en glissement annuel - naturellement, les prix des combustibles fossiles étaient bien moins élevés, un an plus tôt. Et les résultats de ce 1er trimestre promettent d'être bien meilleurs encore, au vu des prix actuels de ces combustibles. Le baril de pétrole, qui s'écoulait encore à 80 dollars en moyenne au 4e trimestre de 2021, coûtait plus de 90 dollars la semaine passée, un niveau plus atteint depuis 2014. Chaque hausse de 10 dollars de son prix procure à TotalEnergies un surcroît de bénéfice opérationnel de 2,7 milliards d'euros. En conséquence, la valorisation de l'action a encore baissé. Les investisseurs ne paient plus que 8 fois le bénéfice de 2021, et la valeur de l'entreprise ne correspond plus qu'à 5,5 fois le cash-flow opérationnel. Ils hésitent donc toujours à s'intéresser aujourd'hui aux producteurs de combustibles fossiles; leurs perspectives à long terme sont incertaines, compte tenu de la transition climatique.A court terme, les résultats resteront excellents. La reprise de la demande, alors que l'offre est limitée, soutient le cours du baril. Le cartel de l'Opep contrôle toujours rigoureusement l'offre de pétrole, malgré la faiblesse des réserves. Laquelle n'est pas la seule à soutenir les cours: l'escalade des tensions entre la Russie et l'Ukraine les a fait bondir. Après les récents signes de détente, les prix ont reculé quelque peu. Ce qu'ils feraient également si la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis venait à augmenter ou que l'Opep assouplissait les coupes dans sa production. Notons que les marchés futures tablent sur des prix du gaz naturel élevés cette année. TotalEnergies pourrait donc signer un exercice record, avec un bénéfice de 7-8 euros par action.Le groupe n'a investi que 15 des 30 milliards de dollars de cash-flow opérationnel dégagés en 2021: une moitié dans le maintien de la capacité de production de combustibles fossiles, l'autre dans les énergies renouvelables et le gaz naturel liquifié. Avec les 15 milliards restants, le groupe a renforcé son bilan et rémunéré ses actionnaires. Il a versé 8,2 milliards de dollars de dividendes et racheté pour 1,5 milliard de dollars d'actions propres, et avec le solde, a réduit sa dette. Le ratio d'endettement net a été ramené à 15% des fonds propres. TotalEnergies prévoit une hausse de 5% du dividende en 2023. Au cours de ce premier semestre, il consacrera deux milliards de dollars au rachat de ses actions.La récente progression du cours de l'action n'est vraiment pas à la hauteur des résultats. Les investisseurs paient moins de 7 fois le bénéfice escompté en 2022, alors qu'une chute des cours du pétrole n'est pas à attendre dans l'immédiat. C'est à long terme que TotalEnergies traversera une période délicate. Nous relevons dès lors notre conseil à "acheter". Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 50,7 eurosTicker: TTECode ISIN: FR0000120271Marché: Euronext ParisCapit. boursière:132 milliards EURC/B 2021: 10C/B attendu 2022: 7Perf. cours sur 12 mois: +35 %Perf. cours depuis le 01/01: +12 %Rendement du dividende: 5,4 %