Les géants pétroliers intégrés comme le groupe français Total surveillent l'évolution de trois indicateurs. Le premier est évidemment le cours du pétrole, qui se redresse lentement de son plancher du début de l'année. Le deuxième est le prix du gaz naturel, mais aucun redressement n'est encore palpable de ce côté, et Total ne prévoit pas de hausses de prix durables sur le marché du gaz naturel durant les prochaines années non plus compte tenu de la suroffre. Enfin, les marges de raffinage, pour l'heure relativement élevées. Ces marges avaient été considérablement érodées cet été, mais au cours des trimestres à venir, elles devraient rester une source de bénéfices compensatoires. La conj...

Les géants pétroliers intégrés comme le groupe français Total surveillent l'évolution de trois indicateurs. Le premier est évidemment le cours du pétrole, qui se redresse lentement de son plancher du début de l'année. Le deuxième est le prix du gaz naturel, mais aucun redressement n'est encore palpable de ce côté, et Total ne prévoit pas de hausses de prix durables sur le marché du gaz naturel durant les prochaines années non plus compte tenu de la suroffre. Enfin, les marges de raffinage, pour l'heure relativement élevées. Ces marges avaient été considérablement érodées cet été, mais au cours des trimestres à venir, elles devraient rester une source de bénéfices compensatoires. La conjonction négative de ces trois facteurs au troisième trimestre s'est traduite pour Total par un bénéfice net ajusté de 2,1milliards de dollars (USD), soit 25% de moins qu'à la même période l'an dernier. Les dégâts sont encore limités, au regard des prix décevants, grâce notamment à la stricte discipline du groupe en matière de coûts. Sur les neuf premiers mois, le bénéfice net s'est tassé de 30%, portant à présent le bénéfice à 2,42USD par action, et le bénéfice par action de cette année à environ 3EUR. Le rapport cours/bénéfice totaliserait donc 15, ce qui est somme toute élevé et suppose que le marché anticipe un redressement du bénéfice l'an prochain. Lequel dépend naturellement dans une importante mesure d'un redressement ultérieur des prix du pétrole. L'OPEP négocie au sujet de limitations de la production pour soutenir les prix, mais il n'y a pas encore d'accord ferme. Total, qui pointe du doigt les importants stocks de pétrole, n'entrevoit pas de redressement des prix. À plus long terme, le marché peut cependant basculer. La demande continue d'augmenter légèrement alors que l'offre, à l'horizon 2020, peinera certainement à la suivre. Total tire encore les fruits de son important programme d'investissements des dernières années: l'an dernier, sa production a augmenté de 9% et cette année, de plus de 4%. Jusque 2020, Total table encore sur un accroissement de la production de plus de 5% par an. Ensuite, la hausse annuelle de la production devrait se limiter à 1 ou 2%. Actuellement, Total peut donc compenser la baisse des cours du pétrole par une hausse des volumes. Un scénario de hausse des cours de l'or noir constituerait donc un soutien important à son bénéfice. Un redressement du bénéfice est du reste plus que bienvenu pour maintenir le dividende. Les actions de compagnies pétrolières sont souvent appréciées pour leur rendement de dividende, qui fluctue chez Total autour de 5,5% brut. Mais pour le financer, les cash-flows doivent être à l'équilibre, ce qui n'est pas le cas aux niveaux actuels de prix du pétrole. Total indique cependant que ses cash-flows disponibles augmenteront à partir de l'an prochain grâce à l'augmentation du cash-flow sur les activités opérationnelles et à la réduction du budget d'investissements. En 2017, Total devrait donc pouvoir financer le dividende en cas de pétrole à 55USD le baril.ConclusionDes compagnies pétrolières occidentales, Total est la mieux armée contre la faiblesse des cours du pétrole. Elle est aussi bien placée pour profiter d'un prix du pétrole plus élevé. Un redressement de celui-ci entre 50 et 60USD est déjà intégré partiellement dans le cours de Total. À ces niveaux de cours, le rendement de dividende de 5,5% brut serait maintenu.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B