Total se tourne vers l'avenir et pour illustrer sa révolution stratégique, s'appelle désormais TotalEnergies. Le groupe veut au cours des 10 années qui viennent réduire sa dépendance à la vente de pétrole et investir davantage dans la production de gaz naturel liquide, les énergies renouvelables et la production et la vente d'électricité. La part du pétrole dans son chiffre d'affaires doit passer de 55% à 30% d'ici à 2030 et 20% des investissements iront cette année à des projets d'électricité verte. Le chemin vers un modèle d'affaires plus vert sera ceci dit long pour une entreprise qui, récemment encore, misait sur l'augmentation de ses capacités de production de combustibles fossiles; c'est pourquoi une large part des bénéfices continuera de prov...

Total se tourne vers l'avenir et pour illustrer sa révolution stratégique, s'appelle désormais TotalEnergies. Le groupe veut au cours des 10 années qui viennent réduire sa dépendance à la vente de pétrole et investir davantage dans la production de gaz naturel liquide, les énergies renouvelables et la production et la vente d'électricité. La part du pétrole dans son chiffre d'affaires doit passer de 55% à 30% d'ici à 2030 et 20% des investissements iront cette année à des projets d'électricité verte. Le chemin vers un modèle d'affaires plus vert sera ceci dit long pour une entreprise qui, récemment encore, misait sur l'augmentation de ses capacités de production de combustibles fossiles; c'est pourquoi une large part des bénéfices continuera de provenir, au cours de la prochaine décennie, de la vente de pétrole et de gaz naturel. Total a néanmoins un atout majeur: sa structure de coûts compte parmi les plus faibles du secteur.Dans l'immédiat, le groupe doit affronter la crise. Le tassement de la demande et la surproduction mondiale ont fait chuter le prix du pétrole à moins de 20 dollars le baril au printemps dernier. Sur l'ensemble de l'exercice 2020, Total a écoulé ses combustibles fossiles au prix moyen de 41,8 dollars le baril et acté une baisse de 5% de sa production. La moindre demande et les stocks élevés ont pesé sur les marges de raffinage, au détriment de la rentabilité du pôle pétrochimie. Les résultats de l'exercice sont donc décevants. Le bénéfice net ajusté a plongé de 66%, à 4,1 milliards de dollars, soit un bénéfice de 1,43 dollar par action. Le résultat net rapporté termine même dans le rouge, en raison de la dépréciation (8,5 milliards de dollars) des sables bitumineux canadiens détenus en portefeuille - produire du pétrole à partir de ces bitumineux est désormais trop cher et trop polluant. Le spectre de dépréciations de réserves pétrolières va planer longtemps encore sur le secteur.La faiblesse de l'activité a également pesé sur les cash-flows, essentiels au financement du dividende, lequel reste, pour maints investisseurs, le principal argument en faveur d'une action comme Total. Le géant français a dégagé l'an passé pour 14,8 milliards de dollars de cash-flows opérationnels, dont 13 milliards ont été affectés à des investissements nouveaux. Il a donc dû emprunter pour maintenir inchangé le dividende de 2,64 euros par action, dont 0,66 euro sera payé cette année. Il doit la stabilité de sa politique de dividende à la robustesse de son bilan. L'endettement net reste limité à 21% des capitaux propres. Les résultats devraient se redresser en 2021. La discipline dont fait preuve l'Opep au niveau de sa stratégie de production et l'espoir d'une reprise économique soutenue ont récemment propulsé le cours du pétrole à 60 dollars le baril. La reprise s'était du reste déjà fait sentir dans les résultats du quatrième trimestre de Total. Avec un bénéfice ajusté de 1,3 milliard de dollars, l'entreprise a fait mieux que les prévisions. L'année pourrait être bien meilleure encore si le cours du pétrole restait orienté à la hausse, mais les incertitudes demeurent nombreuses. Total est une des compagnies pétrolières qui se sortent le mieux d'une année compliquée. Le redressement du cours de l'or noir est encourageant et le dividende est maintenu. La valorisation est attrayante mais la transition vers une économie écologiquement neutre aura longtemps encore des répercussions sur les entreprises du secteur. Nous recommandons toujours de conserver. Conseil: conserver/attendre Risque: moyenRating: 2BCours: 34,4 eurosTicker: FPCode ISIN: FR0000120271Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 91,4 milliards EURC/B 2020: 30C/B attendu 2021: 14Perf. cours sur 12 mois: -22%Perf. cours depuis le 01/01: -2%Rendement du dividende: 7,5%