Convaincu que les marchés pétrolier et gazier allaient encore connaître une période faste, Total a ces dernières années investi dans l'accroissement de ses capacités de production. Et la major a bien fait, puisque le baril de pétrole se négocie à présent autour de 85 dollars. Au premier semestre, le bénéfice net ajusté de la compagnie pétrolière française s'est inscrit en hausse de 28%, à 3,6 milliards de dollars, sous l'effet combiné de l'augmentation des prix des combustibles fossiles sur les marchés mondiaux et d'une production en hausse à des coûts inférieurs. Ces paramètres soutiendront également les résultats du second semestre. Au premier semestre, le baril coûtait 65 dollars en moyenne. Total a estimé que, sur une base annuelle, une hausse de...

Convaincu que les marchés pétrolier et gazier allaient encore connaître une période faste, Total a ces dernières années investi dans l'accroissement de ses capacités de production. Et la major a bien fait, puisque le baril de pétrole se négocie à présent autour de 85 dollars. Au premier semestre, le bénéfice net ajusté de la compagnie pétrolière française s'est inscrit en hausse de 28%, à 3,6 milliards de dollars, sous l'effet combiné de l'augmentation des prix des combustibles fossiles sur les marchés mondiaux et d'une production en hausse à des coûts inférieurs. Ces paramètres soutiendront également les résultats du second semestre. Au premier semestre, le baril coûtait 65 dollars en moyenne. Total a estimé que, sur une base annuelle, une hausse de 10 dollars par baril entraînait une augmentation du bénéfice opérationnel de 2,3 milliards de dollars. Investir dans Total permet donc de profiter de l'orientation haussière du cours de l'or noir. Les autres divisions se portent bien aussi. La pétrochimie a certes vu ses marges de raffinage s'éroder de 15%, entraînant un recul de 18% de son bénéfice, mais ces marges n'en demeurent pas moins très confortables.La hausse récente du prix du pétrole surprend par son ampleur, mais elle repose sur des fondamentaux solides. Malgré tous les rapports alarmistes sur l'évolution du climat, la demande de pétrole et de gaz augmente toujours: +1,5% en 2018, à 97 millions de barils quotidiens. Côté offre, les sanctions américaines contre l'Iran et les problèmes de production au Venezuela et en Libye suscitent quelques préoccupations, tandis que les grands acteurs du marché - Arabie Saoudite, Russie et Etats-Unis - ne parviennent à ouvrir davantage les vannes, ou ne le souhaitent plus. Les stocks baissent donc, ce qui accroît la nervosité du marché. A plus long terme, Total s'attend à ce que la volatilité persiste. En réduisant ses coûts de production, la major espère rester bénéficiaire quelles que soient les conditions de marché.En glissement annuel, la production de combustibles fossiles de Total a augmenté de 8,7%. Cette hausse est attribuable à l'acquisition de Maersk Oil et à la mise en production de nouveaux champs, entre autres. D'ici à 2022, l'entreprise prévoit une hausse annuelle de la production de 5% en moyenne. Ces dernières années, Total a par ailleurs exploité efficacement le malaise du secteur et accumulé d'importantes réserves. Depuis 2015, la major a racheté 7 milliards de barils à 2,5 dollars. A plus long terme, Total entend mettre l'accent sur les investissements dans des sources d'énergie émettant peu de CO2. Ainsi a-t-il récemment racheté les activités de liquéfaction du gaz naturel d'Engie.Le cours de Total n'a hélas pas suivi l'évolution des cours du pétrole, ce qui démontre que les investisseurs sont bien conscients du caractère cyclique de ce marché. A un rapport C/B de 12, la valorisation de Total est en ligne avec sa moyenne historique. Grâce à ses cash-flows abondants, la major pourra du reste relever son dividende de 10% d'ici à 2020 et mettre en oeuvre un programme de rachat de ses actions à hauteur de 5 milliards de dollars.Les très bons résultats de Total reposent sur l'effet combiné de la hausse des cours du pétrole, de l'accroissement de sa propre production et du recul des coûts. Le potentiel haussier du titre est réel, puisque le cours ne s'apprécie pas aussi rapidement que le bénéfice. Le rendement du dividende de près de 5% brut est intéressant. L'action est toujours digne d'achat. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 55,5 eurosTicker : FPCode ISIN : FR0000120271Marché : Euronext ParisCapit. boursière : 143,9 milliards EURC/B 2017 : 16C/B attendu 2018 : 12Perf. cours sur 12 mois : +21 %Perf. cours depuis le 01/01 : +20 %Rendement du dividende : 4,7 %