Depuis que, à notre grande déception, l'entreprise a mis un terme, en décembre dernier, à son étude clinique qui en était au stade le plus avancé, celle consacrée à la molécule THR-409 (ocriplasmine), nous étions impatients de connaître les résultats de l'étude de phaseI/IIa sur la moléculeTHR-317. Il pourrait s'agir du premier médicament susceptible de cibler le facteur de croissance placentaire (plus communément abrégé en PGLF, les initiales du terme anglais) auprès des patients atteints d'oedème maculaire diabétique (OMD).
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Depuis que, à notre grande déception, l'entreprise a mis un terme, en décembre dernier, à son étude clinique qui en était au stade le plus avancé, celle consacrée à la molécule THR-409 (ocriplasmine), nous étions impatients de connaître les résultats de l'étude de phaseI/IIa sur la moléculeTHR-317. Il pourrait s'agir du premier médicament susceptible de cibler le facteur de croissance placentaire (plus communément abrégé en PGLF, les initiales du terme anglais) auprès des patients atteints d'oedème maculaire diabétique (OMD). Sur les 49 patients recrutés dans le cadre de l'étude de phase I/IIa, 40 n'ont encore subi aucune thérapie anti-VEGF, le traitement standard actuel, qui se révèle souvent peu efficace. La moitié de ces patients ont reçu trois injections mensuelles de quatre milligrammes, l'autre moitié trois injections mensuelles de huit milligrammes. Dans le premier groupe (administration de la dose la plus faible), 5,3% des patients présentent une amélioration clinique pertinente du champ visuel d'au moins 15 lettres par rapport au point de départ. Dans le second, 30% des membres ont enregistré une amélioration significative de la vue. Aucun problème de sécurité ou de toxicité n'a été constaté. Les neuf patients qui n'ont pas réagi de manière satisfaisante à un précédent traitement anti-VEGF font toujours l'objet d'un suivi. Il en va de même de l'ensemble des autres patients (suivis durant les 150 jours qui suivent la première injection de THR-317).Les résultats complets de l'étude seront sans doute présentés lors d'un congrès ophtalmologique à l'automne. Parallèlement, ThromboGenics lancera dans le courant du second trimestre une étude de phase II au cours de laquelle THR-317 et un médicament anti-VEGF seront associés. Les examens précliniques avaient révélé que THR-317 freine également l'infection, laissant dès lors espérer que cette thérapie combinée ralentisse, voire (dans le meilleur des cas) interrompe le décours de la maladie sous-jacente. Ces bons résultats nous incitent à croire à nouveau dans le pipeline clinique de ThromboGenics. Les maladies oculaires liées au diabète sont le segment qui enregistre la plus forte croissance sur le marché des pathologies oculaires. Les données précliniques positives sur la molécule THR-149 ont récemment été publiées dans la revue scientifique Journal of Medicinal Chemistry. L'analyse clinique de cet inhibiteur de la kallikréine plasmatique pour le traitement de l'OMD débutera dans le courant de ce trimestre. Cette voie thérapeutique a défrayé la chronique l'an dernier après que Merck a conclu un partenariat avec l'entreprise biotechnologique américaine Kalvista, qui développe également cet inhibiteur spécifique. Une troisième molécule rejoindra le pipeline cet été. Il s'agit de THR-687, une molécule prise en licence à Galapagos dont l'effet sera étudié sur un large éventail de patients souffrant de rétinopathie diabétique (RD), en combinaison ou non avec un OMD. En outre, le développement préclinique d'une nouvelle molécule commencera peut-être cette année encore. Fin décembre, la position de trésorerie de l'entreprise s'élevait à 105,7 millions d'euros, affichant une hausse de 25,6 millions en glissement annuel. Il faut toutefois préciser que ThromboGenics a perçu 53,7 millions de la part de son partenaire Alcon (Novartis) après la restitution des droits de licence mondiaux hors Etats-Unis pour Jetrea. En janvier, Novartis a injecté 10 millions d'euros supplémentaires dans le capital de ThromboGenics, en échange de l'émission de 2,18 millions d'actions nouvelles au prix unitaire de 4,593 euros. Novartis détient à présent 5,69% du capital. Le marché n'a pas salué les résultats positifs relatifs à THR-317, mais le cours de ThromboGenics s'est sensiblement redressé depuis le début de l'année. Nous sommes satisfaits des récentes informations publiées. Il semble, au vu de la valeur de l'entreprise qui oscille entre 50 et 55 millions d'euros, que le marché doute encore du potentiel du pipeline clinique. L'action est certainement digne d'achat (1C).