Il était écrit que Tesla et SolarCity collaboreraient tôt ou tard. Depuis l'approbation des actionnaires, on sait aujourd'hui que cette collaboration prendra la forme d'une fusion. Les deux entreprises sont liées par leur flamboyant directeur sud-africain Elon Musk. Le fondateur et directeur de Tesla détient 21% des actions Tesla, mais aussi 22% du capital de SolarCity. Cette dernière est le plus grand fournisseur de panneaux solaires aux États-Unis. SolarCity est cependant déficitaire et ses cash-flows sont négatifs. C'est la raison pour laquelle les investisseurs et les analystes ne sont pas unanimement positifs concernant la fusion. Le rapport d'échange des actions lui confère une valeur de 2,6milliards de dollars (USD). E.Musk r...

Il était écrit que Tesla et SolarCity collaboreraient tôt ou tard. Depuis l'approbation des actionnaires, on sait aujourd'hui que cette collaboration prendra la forme d'une fusion. Les deux entreprises sont liées par leur flamboyant directeur sud-africain Elon Musk. Le fondateur et directeur de Tesla détient 21% des actions Tesla, mais aussi 22% du capital de SolarCity. Cette dernière est le plus grand fournisseur de panneaux solaires aux États-Unis. SolarCity est cependant déficitaire et ses cash-flows sont négatifs. C'est la raison pour laquelle les investisseurs et les analystes ne sont pas unanimement positifs concernant la fusion. Le rapport d'échange des actions lui confère une valeur de 2,6milliards de dollars (USD). E.Musk réfute les objections et table sur une contribution de 1milliard de dollars au chiffre d'affaires (CA) en 2017. C'est environ un dixième du CA attendu du groupe pour l'an prochain. Il avance également des synergies et des économies d'un montant de 150millions de dollars. Le rêve du dirigeant est de créer une entreprise intégrée qui produise de l'énergie (énergie solaire et batteries lithium-ion), la stocke (PowerWall), puis l'utilise pour propulser ses propres voitures électriques. Selon certains, le milliardaire voit trop grand. Un scepticisme qui, d'ailleurs, n'est pas injustifié car Tesla est confrontée à de nombreux problèmes opérationnels. Le groupe peine notamment à réaliser ses propres objectifs en raison du retard enregistré dans le lancement du ModelX. Les ventes ont déçu au premier semestre. En début d'année, Tesla tablait sur la livraison de 80.000 à 90.000voitures électriques. Il est désormais acquis que, dans le meilleur des cas, l'on se trouvera du côté inférieur de la fourchette. Après les 29.190voitures livrées au premier semestre, les prévisions pour le deuxième semestre font état de 50.000voitures. Au troisième trimestre, le groupe était à peu près dans les temps avec 24.821véhicules vendus, dont environ deux tiers de ModelS et de ModelX. Grâce au produit unique de la vente de certificats d'énergie, Tesla a enregistré un bénéfice net (22millions USD) au troisième trimestre. Ce n'était que le deuxième bénéfice net trimestriel de l'histoire de l'entreprise. Les cash-flows libres (176millions USD) étaient également positifs, mais il faut à nouveau y voir la conséquence d'investissements différés. Tesla avait 3,1milliards USD en caisse à la fin du troisième trimestre, pour une dette (avant la fusion) à peu près équivalente. L'entreprise a récolté cette année 2milliards USD dans le cadre d'une émission d'actions à un prix supérieur d'environ 10% au cours de Bourse actuel. Compte tenu de l'extension de l'usine de batteries (Gigafactory) et des préparatifs nécessaires à la mise en production du nouveau Model3 (au deuxième semestre de 2017), une nouvelle collecte de fonds paraît inévitable à court terme. ConclusionTesla s'est montrée nettement moins performante cette année. Si une partie des investisseurs accordent encore beaucoup de crédit à l'entreprise, elle a cependant de plus en plus de détracteurs. Car l'acquisition de SolarCity est un nouveau facteur d'incertitude (passif lourd) alors que la réalisation des objectifs propres de Tesla est déjà difficile. Mais comme la valorisation du constructeur de voitures _ à près de trois fois le CA attendu _ est nettement plus faible que celle d'autres entreprises technologiques comme Google, nous relevons le conseil. Conseil : conserver/attendreRisque : élevéRating : 2CDevise : US dollarMarché : NYSECapitalisation boursière : 28,9 milliards USDC/B 2015: -C/B attendu 2016: -Perf. cours sur 12 mois : -17%Perf. cours depuis le 01/01 : -19%Rendement du dividende : -