L'annonce de l'acquisition de Base par Telenet avait été saluée par des applaudissements à l'assemblée générale, mais à présent qu'il est clair que l'opération se traduira par des coûts supplémentaires avant d'engendrer des profits, l'enthousiasme s'est nettement estompé. Des résultats trimestriels décevants et la perspective d'une ou deux années de transition n'ont pas favorisé l'action. La filiale mobile du groupe néerlandais KPN avait été rachetée l'an dernier pour 1,33milliard EUR. Base apporte son propre réseau mobile et son ancrage en Wallonie, terra incognita ou presque pour Telenet. L'objectif est de promouvoir les produits par câble de Telenet auprès des clients de Base. Mais il faudra...

L'annonce de l'acquisition de Base par Telenet avait été saluée par des applaudissements à l'assemblée générale, mais à présent qu'il est clair que l'opération se traduira par des coûts supplémentaires avant d'engendrer des profits, l'enthousiasme s'est nettement estompé. Des résultats trimestriels décevants et la perspective d'une ou deux années de transition n'ont pas favorisé l'action. La filiale mobile du groupe néerlandais KPN avait été rachetée l'an dernier pour 1,33milliard EUR. Base apporte son propre réseau mobile et son ancrage en Wallonie, terra incognita ou presque pour Telenet. L'objectif est de promouvoir les produits par câble de Telenet auprès des clients de Base. Mais il faudra d'abord intégrer Base et cela coûtera beaucoup d'argent. Le budget de 240millions EUR initialement prévu a été relevé à 300millions EUR, dont 250millions EUR destinés à des investissements dans le réseau mobile. Mais les avantages liés aux synergies attendues ont également été relevés de 150 à 220millions EUR. Le principal poste de frais qui disparaîtra à partir de 2018 est celui de la location du réseau Mobistar. Le loyer est fonction du trafic de données, lequel connaît une croissance explosive. Un réseau mobile propre est donc indispensable. L'intégration de Base doit être bouclée d'ici à 2018, mais les économies sur les coûts ne ressortiront pleinement leurs effets qu'à partir de 2020. Base va donc peser sur les marges, mais il faut y voir un investissement dans la future croissance. Pour l'ensemble de l'exercice, les prévisions font état d'une croissance du chiffre d'affaires (CA) de 0 à 2%. Les cash-flows opérationnels (EBITDA) resteront stables. Les résultats du 1ertrimestre passé sont restés en deçà des attentes. Les CA et EBITDA ont progressé de 5% et 2% respectivement. Les charges financières ont augmenté de 68% en raison de la hausse des charges d'intérêt, alors que Telenet a également enregistré une perte sur des produits dérivés sur les taux. Avec une position d'endettement de 5milliards USD, il est crucial de maintenir les charges d'intérêt sous contrôle. Telenet se couvre donc contre une hausse des taux à l'aide de produits financiers, mais en raison de la baisse constante des taux, ceux-ci ont engendré une perte de 59millions EUR. Précisément en raison de la perte sur les produits dérivés, les cash-flows libres ont été négatifs à hauteur de 69millions EUR au 1ertrimestre, contre +24,6millions EUR au cours du même trimestre 2015. Mais Telenet se fait fort d'enregistrer des cash-flows libres compris entre 175 et 200millions EUR sur l'ensemble de l'exercice. Il a perdu des abonnés dans la télévision par câble, mais enregistre une croissance dans l'Internet haut débit et la téléphonie fixe comme mobile. Le CA moyen par utilisateur a progressé de 5% sur un an, mais la marge d'EBITDA au niveau du groupe a reflué à 47,7%, contre 52,2% en moyenne en 2015. Avec une offre fixe et mobile, Telenet pourra enfin se tourner vers le marché professionnel où réside le principal potentiel de croissance. Par sa participation dans le groupe de médias De Vijver, il veut aussi se jeter à terme sur le marché de la publicité. Cette année et la prochaine seront des années de transition pour Telenet, mais l'intégration de Base doit poser les bases de la future croissance du groupe. La réaction de l'action démontre que la perspective reste peu attrayante pour les investisseurs à court terme, en particulier en l'absence de dividende.Conseil : attendreRisque : moyenRating : 2B