L'annonce par le deuxième actionnaire du groupe de sa décision de vendre la moitié de sa participation moyennant une décote par rapport au cours de marché a fait l'effet d'une douche froide aux actionnaires de Telenet cette semaine. Il s'agit en l'occurrence du fonds souverain norvégien Norges Bank Investment Management (NBIM), qui ces dernières années avait porté sa position à 5,3millions d'actions, soit 4,5% du total. Sans doute cette transaction s'inscrit-elle dans une gestion normale de portefeuille, et le faible cours du pétrole n'y est-il pas étranger. Le câblo-opérateur belge dont l'actionnaire principal est américain a reçu le mois dernier le feu vert de la Commission européenne pour racheter Base. Telenet...

L'annonce par le deuxième actionnaire du groupe de sa décision de vendre la moitié de sa participation moyennant une décote par rapport au cours de marché a fait l'effet d'une douche froide aux actionnaires de Telenet cette semaine. Il s'agit en l'occurrence du fonds souverain norvégien Norges Bank Investment Management (NBIM), qui ces dernières années avait porté sa position à 5,3millions d'actions, soit 4,5% du total. Sans doute cette transaction s'inscrit-elle dans une gestion normale de portefeuille, et le faible cours du pétrole n'y est-il pas étranger. Le câblo-opérateur belge dont l'actionnaire principal est américain a reçu le mois dernier le feu vert de la Commission européenne pour racheter Base. Telenet avait racheté cette filiale mobile au groupe néerlandais KPN l'an dernier pour 1,33milliard EUR. L'opération permet à Telenet de disposer de son propre réseau mobile et de devenir le deuxième acteur belge sur le marché des télécommunications derrière Proximus. Avec l'acquisition de Base, Telenet ne devra plus louer de capacités de réseau. Le groupe le faisait auprès de Mobistar, en vertu d'un contrat qui court encore jusqu'en 2017. Cette période de chevauchement est d'ailleurs nécessaire, car Telenet ne pourra pas transférer en une fois son gros million de clients mobiles sur le réseau Base. À terme, l'objectif est bien entendu que Telenet puisse également vendre d'autres services aux actuels clients de Base, comme l'Internet haut débit, la télévision numérique ou la téléphonie fixe. Environ la moitié des clients de Telenet achètent trois produits. Telenet espère atteindre ce pourcentage chez les clients Base. Avec Base, il veut enfin devenir un opérateur redouté sur le marché professionnel. Cela lui était impossible sans offre mobile propre, et la voie était grand ouverte pour Proximus. Après l'ouverture obligatoire du marché du câble, Telenet devra cependant compter avec Mobistar, qui propose sa propre offre télévisuelle. Telenet se fait fort d'éviter une guerre des prix. Les derniers résultats annuels publiés sont conformes aux attentes. Seul le programme annoncé de rachat d'actions propres, d'une valeur de 50millions EUR, a légèrement déçu. Le montant représente moins de 1% d'une valeur boursière de 5,5milliards EUR. L'effet final reste d'ailleurs nul puisque le rachat d'actions propres ne fera que neutraliser les options accordées au personnel. Le chiffre d'affaires du groupe (1,8milliard EUR) a progressé de 6% en 2015, dont 4% de croissance organique et 2% de hausse des tarifs. Les cash-flows opérationnels (EBITDA) ont augmenté de 4,9% à 944millions EUR, ce qui représente une marge de 52,2%. Des prévisions concrètes pour 2016 ne seront publiées que fin avril : on ne saura en effet qu'à ce moment quand les résultats de Base seront intégrés aux comptes. La position de l'endettement a à nouveau légèrement augmenté, à 3,4fois l'EBITDA. Les fonds propres du groupe restent également négatifs, mais cela ne constitue pas un problème tant que les cash-flows libres restent positifs (279millions EUR en 2015). ConclusionLa vente précitée par le deuxième actionnaire n'est pas favorable pour la confiance. Mais indépendamment de cette transaction, nous ne sommes pas très enthousiastes à l'idée d'un investissement dans Telenet. L'accent sera surtout placé sur l'intégration de Base au cours des semaines et mois à venir, et de nombreuses incertitudes planent encore sur la croissance. De plus, aucune reprise du versement d'un dividende n'est au programme dans l'immédiat. La valorisation est correcte.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B